Blog-sur-Loire

Août 2019

• Parole de Millière !
Édito : Agnès Legout-Catelain, Présidente de Millière Raboton

• Quoi d’9 sortie à thème ? 
Quelques airs de Loire pour vibrer sur l’eau…

• Quoi d’9 au port de Chaumont-sur-Loire ? 
Moi, Leonardo, bâtard, plouc et génial !

• Quoi d’9 côté Association Millière Raboton ? 
La Foire aux Tomates Farcies de Rilly sur Loire

• Quoi d’9 à bord des toues Millière Raboton ?
Quelques échos et quelques temps forts !

• Ceux d’Loire 
Portrait de Claude Chéron
Homme de Loire pour la vie

Cliquez sur les titres en bleu pour aller directement à l’article.

Parole de Millière !

Agnès Legout-Catelain
Présidente de Millière Raboton

Canicule et basses eaux, imposent des conditions particulières de navigation où nos guides-pilotes déploient tout leur talent et leur professionnalisme.

Rendez-vous sur notre page Facebook millière raboton pour découvrir le témoignage admiratif de Manuela, nouvelle bénévole d’Indre et Loire, à propos d’une sortie crépusculaire, en compagnie de Thomas. Car, malgré le bruit qui a couru sur l’arrêt des balades en Loire, nos barques continuent de glisser sur 15/20 cm de tirant d’eau, habilement pilotées par notre équipage !

Avec notre siège social domicilié au 11 rue de Bellevue, les installations d’accueil mises en place sur le port par l’équipe et le concours de Gérard Schmitt, bénévole millière raboton, notre ancrage à Chaumont se confirme et prend de l’ampleur.

C’est dans ce droit fil que nous avons imaginé la soirée gratuite du 20 juillet – Moi, Leonardo, bâtard, plouc et génial – ouverte à tous, chaumontais et passants : une belle animation avec projections, entre autres, des tableaux de Léonard, sur une voile hissée dans la nuit avec lecture d’un texte original, écrit et lu par Françoise Benassis, mis en images et en pauses musicales par Christian Decroix. Nous avons eu de bons retours sur cette soirée, aussi, récidiverons-nous !

Dans un autre ordre d’idée mais dans le même esprit, nous nous proposons de programmer des temps « entre nous » – « nous », adhérents et bénévoles – pour échanger au-delà du CA, en embarquant sur les toues, en organisant une fête associative… quelques projets vont éclore sous peu…

En attendant, je vous souhaite de belles journées et soirées d’été, comme il vous plaira !

À bientôt sur l’eau !

20 juillet 2019, Soirée Moi, Leonardo, bâtard, plouc et génial
© Nicole Le Bellu

Quoi d’9, sortie à thème ?

11 juillet 2019-8 août 2019 : Airs de Loire-Harpémo
Harpe classique ou celtique (Catherine de Preissac), flûte (Guy Cottin) et conteur (Jean-Michel Roger), le trio classique des belles soirées millière raboton connait un succès bien mérité. La soirée en 3 temps : sur l’eau, récital harpe classique et flûte ; apéro-pique-nique sur une île ; puis duo harpe celtique – lectures. Harmonie à l’échelle d’un couchant flamboyant… de quoi enflammer un article élogieux paru dans La Nouvelle République.

© collection particulière

Airs de Loire et Harpémo, prochaine sortie le 29 août
Départ 17h au port de Chaumont
Rendez-vous sur milliere-raboton.net pour plus d’informations.
Vous pouvez réserver en ligne votre soirée ou par téléphone au 06 88 76 57 14.

Quoi d’9 au port de Chaumont-sur-Loire ?

En cette douce soirée du 20 juillet, quand le vent clément s’est apaisé en brise avec sautes d’humeur, le port a retenti de l’élégante musique jouée et chantée par l’ensemble Doulce Mémoire*, l’autoportrait de Leonardo âgé s’est alors dessiné à la sanguine sur la voile hissée sur une toue amarrée au bord : « Moi, Leonardo, bâtard, plouc et génial, je te salue Monna Loire… » Les quelques 80 personnes installées sur la rive (comptage précis de Stéphane Doussard) ont parcouru à grandes guides la vie inattendue d’un autodidacte qui voulait déchiffrer le monde et qui s’y est employé à la mesure de la science de son temps et de son génie de peintre. À l’image, de Christophe Colomb, son contemporain, qui croyant découvrir les Indes, a mis le pied en Amérique, Leonardo a toujours cherché à créer au-delà des techniques qu’il maîtrisait et des conventions artistiques convenues de son époque, toujours en quête d’Amérique insoupçonnée … Les retours des spectateurs ont été bons. Nous avons eu l’honneur d’un grand article dans La Nouvelle République.

La magie ligérienne prenait le dessus quand le vent réveillé faisait palpiter la toile : Monna Lisa semblait respirer plus vivante que jamais … À millière raboton, nous privilégions la culture plaisante et ludique, sans rien sacrifier de sa richesse. Cette soirée témoigne de notre engagement à faire vivre le port de Chaumont. Nous récidiverons certainement, tout aussi gratuitement, gratuité qui a été fort appréciée !

*CD Leonardo Da Vinci, la musique secrète,
Ensemble Doulce Mémoire, musique de la Renaissance,
Directeur artistique Denis Raisin-Dadre,
avec le soutien de la Région Centre-Val de Loire

© Nicole Le Bellu

Quoi d’9 côté Association Millière Raboton ?

Le stand millière raboton à la Foire aux Tomates Farcies de Rilly sur Loire
Comme l’an dernier, millière raboton était présent sur un stand bien situé en angle, ce qui permettait de mettre en valeur une belle « sculpture » en bois signée d’un castor anonyme… Contacts, discussions, incitations aux balades de 30’ à 5 € (65 personnes accueillies à bord), à la traversée Rilly-Veuves (une cinquantaine de passagers), distribution de flyers, présentation de nos activités, ce sont 2 jours importants pour nous dans le cadre d’une fête ligérienne où nous nous sentons chez nous. Merci à l’équipe qui a magistralement animé le stand : Martine, Jeannot, Gérard, Agnès, Alain, Pierre…

©Agnès Legout-Catelain

©Agnès Legout-Catelain

©Nicole Le Bellu

Quoi d’9 à bord des toues Millière Raboton ?

-Quelques échos-

Sorties de groupe, toues privatisées, c’est l’orientation générale de nos activités, qui se dessine depuis quelque temps. Les sorties Découvertes, toujours présentes, marquent le pas, alors qu’elles étaient auparavant majoritaires. Peut-être pourrons-nous éclairer cette tendance à la fin de la saison 2019. Un autre aspect de nos activités : début juillet, nous avons dépanné la péniche Nymphéa dans l’impossibilité de naviguer sur le canal latéral (nécessité de 70 cm de tirant d’eau), en effectuant 3 sorties en tant que prestataire.

Les périodes de canicule ont entraîné des annulations ou des changements comme pour une sortie Découverte avec 23 enfants à bord (Centre aéré) qui s’est muée, pour le plaisir de tous, en balade à l’aube…

Claude est revenu au port ému aux larmes, à l’issue d’une balade en-chantée… Jugez-en plutôt : 11 passagers à bord dont un couple de grands parents accompagnés de leur petite fille et de quelques cousines, qui avaient préparé pour la fête de fin d’année de leur école, un récital de succès populaires, style chansons de Piaf ou encore de Charles Trenet. Les reprises en chœur ont été immédiates, et c’est une barque presque à l’unisson qui est rentrée au port. Claude a débarqué sur la rive en chantant Y’a d’la joie, une petite larme au coin de l’œil ! Pas tristes les balades avec l’équipe millière raboton, en-chantées vous dis-je !

 

-Revisitons quelques temps forts à bord-

• 17 juillet
Sortie du Centre de Loisirs d’Amboise
– 20 enfants déguisés en pirates, 3 animateurs, 2 bateaux – pour une balade Découverte…

• 17-18 juillet 
Paul part en bivouac avec un groupe réuni par La Direction départementale de la Jeunesse et des Sports, de la ville du Mans, soit 7 préados et ados de 13 à 17 ans, encadrés par 2 animateurs.
Le bivouac a lieu dans l’île de la Calonnière, en face de Mosnes. La nuit se déroule en hamac.

• 21 juillet 
Dégustation de vins à bord, sous l’autorité de l’expert œnologue, Daniel Gatay.
Une belle approche de nos terroirs.

• 24 juillet 
Formation dédiée aux guides-pilotes et aux bénévoles, orchestrée par Baptiste Marseault, sur la prise en main d’un outil pédagogique réalisé par l’Union Sportive de l’Enseignement du 1er degré (USEP) : une grande frise (5 m de long) déployée sur une bâche, qui illustre le bassin versant de la Loire (géographie, châteaux de la Loire, faune…). Cet outil est au cœur du projet de développement des sorties scolaires. Projet dont la mise en œuvre est confiée à notre guide-pilote, Aurélien Turpin.

• 27 juillet 
Grand jour s’il en est un ! C’est l’anniversaire de Jean-Claude Pilleboue.
Il le célèbre avec sa famille et savoure, bien entouré par les siens – lui, le bénévole toujours prêt à sauter dans une toue pour partir en balade avec des passagers – une journée en Loire, tout entière à lui…

• 29 juillet 
Paul à la barre embarque pour une balade privatisée par le Domaine des Pierrettes qui accueille, à notre bord, une délégation de Chinois pour une dégustation de vins avec découverte d’un fleuve français. Ce fut une belle balade, aux dires de Paul, qui a grimpé au mat pour hisser le drapeau universel de l’Amitié qui arbore 2 mains qui se serrent.

• 31 juillet 
Très grosse journée. 8 bateaux sont de sortie dont un groupe de 4 bateaux pilotés par Aurélien, Thomas, rejoints par 2 bénévoles, Jean-Claude et Claude.
À bord, le Comité de Jumelage de Puiseaux (Loiret) qui reçoit ses hôtes allemands pour une découverte de la Loire.
Ce même jour, décidément aux couleurs internationales, il y aura un pique-nique organisé par 19 de nos amis belges, 1 balade crépusculaire et 1 balade découverte. Somme toute, une journée bien remplie !

• 2 août
Une balade Découverte pour 10 personnes qui ont rencontré millière raboton à La Foire aux Tomates Farcies de Rilly sur Loire.
Excellent retour !

• 3 août
Une belle balade qui ravit Aurélien, embarqué sur une journée de 7 heures en Loire, avec 6 adultes et 2 enfants. De 10h à 17h, la croisière s’amuse, découvre, s’émerveille, déguste un repas réservé par millière raboton chez notre traiteur… et glane de magnifiques souvenirs autant ensoleillés que chaleureux.
À l’origine de cette journée exceptionnelle : un bon cadeau acheté en fin d’année 2018.

Ceux d’Loire

© Marianne Mercier

Claude Chéron
Homme de Loire pour la vie

Parler parigot comme cet homme-là, ça n’existe plus, pas même à Paris… il faudrait l’inscrire au Patrimoine mondial de l’Humanité ! On imagine, sans peine, la tête de petit Poulbot qui devait être la sienne, quand il courait les rues de Puteaux où il est né. Claude, c’est un beau sourire et les yeux qui pétillent. Claude, c’est un passionné de Loire et un fin connaisseur de ses tours et détours. C’est une grande figure millière raboton.

En attendant La Défense

Claude Chéron voit le jour à Puteaux près de l’arsenal. Puteaux est alors un vrai village où personne ne rêve du grand quartier d’affaires et des tours vertigineuses de La Défense. Les habitants de Puteaux appartiennent à la grande tradition ouvrière où pour aller au café, on met des bleus propres, où il y a une sorte de hiérarchie claire des métiers : certains « coulent » dans les aciéries, d’autres sont mécaniciens… C’était pour l’enfant Claude Chéron, un monde fascinant qu’il découvrait, à son corps défendant et en douce : « Je faisais le mur pour aller fureter dans les ateliers ». D’une certaine façon, il restera fidèle à cette fascination dans son parcours professionnel.

Le Loir et Cher prénatal

La mère de Claude, née dans une famille de 10 enfants, est originaire de Sambin. Comme il fallait gagner sa vie de bonne heure, elle a intégré, rue du Puits-Chatel, à Blois, une institution qui formait des jeunes filles pour devenir employées de maison modèles, destinées à travailler chez les bourgeois. Son père, originaire de Vendôme, effectuait son service militaire, à Blois, quand il a fait la connaissance de sa mère. « Un de mes oncles travaillait à la RATP, je me souviens qu’il était basé à Porte Maillot. Mon père l’a rejoint et c’est comme ça que nous sommes venus vivre à Puteaux. Ma mère a mis au monde ma petite sœur. Puis mon père nous a quittés et nous nous sommes retrouvés tous les 3 dans une petite chambre. Les temps furent difficiles. »

Intermède à Sambin

« La vie était très éprouvante pour ma mère. Nous sommes venus tous les 3 à Sambin accueillis par mes grands-parents et ma tante. J’avais 10 ans. Mon grand- père m’impressionnait : il avait fait les 2 guerres. De fait, ce qui a été une épreuve – le départ de mon père – nous a soudés, ma sœur et moi, et nous a liés pour la vie. Me voilà parachuté dans une classe unique de campagne : « Parisien tête de chien, parigot, tête de veau ! ». Je suis le vilain petit canard, plutôt bagarreur. Je m’attaque à un grand costaud, 2 élèves viennent à ma rescousse et nous devenons très vite, très copains tous les 4 (costaud compris). Au village, j’étais curieux de tout et, en particulier, des activités rurales et de l’artisanat : menuisier, tonnelier, bourrelier, boucher, boulanger, épicier (ah, la vanille en bocal…) quand elle tournait le dos, on piochait, elle le savait et veillait à ce que tous les bocaux soient remplis. Un souvenir prégnant, celui du son de l’enclume du forgeron Monsieur Ségut (un compagnon du Tour de France, 3 anneaux à l’oreille, 3 tours ?). Tout m’attirait à la forge, mon ami Marcel Bonneau y était apprenti, et c’est là où j’ai eu la révélation de la mécanique. Au village, chez les jeunes du pays, j’ai appris le partage, le travail et la solidarité joyeuse (ça m’a servi plus tard quand j’ai travaillé à Paris). On chantait tout le temps (par exemple pendant la chasse aux doryphores). Je me souviens aussi de la préparation des fêtes et des cavalcades qui se concurrençaient entre village d’en haut et village d’en bas… Déjà, pour moi, les maîtres-mots étaient : accompagner, partager, transmettre ».

Retour à Puteaux

« Je me revois à l’âge de 12 ans. J’étais un peu voyou, je traînais dans les rues
de Puteaux où j’ai beaucoup appris d’une certaine manière… Si je n’ai pas mal tourné, c’est grâce à l’Abbé Guilbert. Un type formidable qui avait été aumonier pendant les 2 guerres et, en particulier, au Fort du Mont-Valérien (lieu d’exécution des otages et des résistants pendant la 2ème guerre mondiale) . Fondateur des Ouvriers des Sœurs de St-Vincent de Paul, avec pour objectif de construire un site qui comprenait une chapelle, un théâtre, un gymnase et un patronage qui accueillait tous les âges. On organisait des kermesses, des spectacles de théâtre, des projections de film, des tombolas, pour collecter des fonds, ce qui a permis, entre autres, de créer la colonie Le Navire à St-Dyé-sur-Loire. J’ai intégré les Enfants de St-Vincent de Paul : la solitude était finie pour moi, l’esprit d’équipe et la confiance de mes camarades m’ont conduit à devenir chef de section St-Michel (responsable de 15 garçons). C’est ainsi que je suis arrivé à St-Dyé, à la colonie Le Navire.

Colon à St Dyé sur Loire

Là, j’ai rencontré mon 1er pêcheur de Loire, Yves Rabin. C’est à St-Dyé que je suis monté à bord de son futreau (il nous initiait à la pêche, nous, les gamins de la ville) pour rallier Chaumont sur Loire. C’est lui qui m’a marié à la Loire. Yves Rabin vendait le produit de sa pêche – des anguilles, en particulier – aux restaurants. Au fur et à mesure de sa remontée, il échangeait avec les riverains. Ainsi, à l’embouchure du Beuvron, à Candé, une dame payait son poisson avec des légumes. Lui, chez le boucher, réglait sa note avec du poisson. À la colo, on organisait Les Jeux Olympiques. Je pratiquais le 400 m nage. Les souvenirs affluent, un en particulier : après l’épreuve, je me détendais en nageant tranquillement, et voilà que je me retrouve au pied d’une dame, dans un jardin… j’avais dérivé jusqu’à Ménars. Elle m’a raccompagné, à la colo, sur son Solex. Tous les dimanches, on défilait en fanfare jusqu’à l’église et on donnait un concert. Je jouais du cor de chasse et de la trompette. L’année d’après, à 13 ans, nous sommes venus, de Puteaux, pour ouvrir et préparer les locaux de la colonie. Nous avons fait le trajet à mobylette, nous étions très chargés »

Coup de foudre

« J’ai 14 ans, j’intègre le Collège Technique de Suresnes. La première année, j’apprends l’ajustage, et les 2 années suivantes, je m’applique à devenir tourneur. À 17 ans, je rencontre la femme de ma vie : Chouchou. Nous avions monté avec des copains, un orchestre de Rock dont j’étais le chanteur. Son frère était mon guitariste. Nous jouions dans des caves à la mode de St-Germain-des-Prés. Je me souviens de notre première rencontre avec Chouchou. Je la revois descendre l’escalier de la cave où nous étions en plein concert : elle portait un manteau rouge. Ce fut le coup de foudre ! Chouchou était coiffeuse « pin up » – c’est-à-dire modèle, dans un salon parisien de renom – Carita – très élégante, elle s’habillait selon le style de Courrèges. Elle avait 18 ans. Nous nous sommes mariés très jeunes à la naissance de notre premier enfant. »

© Collection particulière

« Carrière militaire »

« En 1962, tout juste marié, je suis parti faire mon service militaire (18 mois). J’avais tiré le gros lot. Je me suis retrouvé mobilisé dans un régiment disciplinaire de parachutistes. C’était la 1ère année de conscription de ce régiment auparavant constitué d’engagés qui avaient combattu à Dien Bien Phu et participé à la guerre d’Algérie. J’étais caserné à Mont de Marsan. Le positif de ce temps militaire s’appelle bonne camaraderie, celle qui régnait entre les appelés et les anciens où l’honneur et le soutien entre nous faisaient légion.
À cette période, mon esprit de partage et d’équipe s’est nourri au point de faire « dévier » un objectif stratégique durant une manœuvre et de choisir « d’arraisonner » des officiers au lieu des appelés qui, s’ils avaient perdu leur arme, aurait dû faire de la prison. Pour le reste, j’ai eu tout loisir de me forger le caractère avec 75 jours de taule. J’étais un rebelle et, j’ai eu tout loisir d’exprimer ma révolte : dans ce régiment disciplinaire, nous démarrions nos classes par 6 mois d’interdiction de sortir de la caserne. Alors, quand Chouchou venait me voir, à Mont de Marsan, je faisais le mur… Mes nombreux jours de taule ont été classé en fin de service dans la catégorie – taule d’honneur – ce qui m’a permis de ne pas de ne pas faire de rab ! »

Retour à la vie civile

« J’ai débuté ma carrière professionnelle comme vendeur accessoiriste au BHV (Bazar de l’Hôtel de Ville de Paris). Puis ce fut le magasin Auto-Accessoires, 66 avenue de la Grande Armée, non loin de la Place de l’Étoile. J’y suis resté 25 ans, j’ai mis en place et développé le service Compétition automobile. À cette époque, le monde sportif de l’automobile était en pleine évolution. Il naissait des prototypes de courses tout terrain qui s’illustraient dans des compétitions de renom comme Champagne et Boue, à Crépy en Valois, course du Touquet., courses de côte de Robert le Diable et du Mont-Dore. Je me rendais sur place avec une camionnette remplie d’accessoires – extincteurs, coupes-circuits (adaptés aux véhicules, adaptation conçue en atelier par un binôme passionné dont je faisais partie) – qui devenaient peu à peu obligatoires dans les normes des compétitions. Pour le 1er Paris-Dakar, j’ai participé à l’équipement des voitures de journalistes, à l’époque, vierges de tous les équipements obligatoires pour participer à la compétition ( Ciby Midland, importé des États-Unis, interdit en France, utilisable hors frontière et en compétition – c’était le début des radios libres -, arceaux de sécurité, harnais de sécurité, coupes-circuit, extincteurs…). Puis, je me suis passionné pour les transformations de carrosserie. C’était l’époque phare des Simca 1000, Rallye 1 et Rallye 2 (ce qui m’a conduit à installer des sièges baquets et des équipements de sécurité pour les pilotes : Jean-Louis Trintignant, Moustache…). Tout aussi phares, les Renault Alpine, Gordini, avec les développements de la conduite sportive-sécurité promue par Jean-Pierre Beltoise. (il s’approvisionnait chez nous ). J’ai travaillé pendant 25 ans dans cet univers. Je suis devenu responsable du magasin Auto-Accessoires de la place de La République. Chouchou a travaillé 5 ans avec moi. Nous avons enregistré une forte remontée du Chiffre d’Affaires. Puis, ce fut la 1ère importation de toits ouvrants en France, suivie de la pose du 1er toit ouvrant, point de départ d’une grande réussite : 6000 unités vendues en une année. Lassé d’une certaine routine, je me suis tourné vers d’autres horizons. »

L’épopée des toits ouvrants

« J’ai changé d’employeur pour entrer chez VELM (fournisseur d’accessoires italiens et de toits ouvrants). J’ai été embauché comme technico-commercial pour promouvoir nos accessoires et toits ouvrants après homologation (j’étais en charge de l’homologation auprès du Centre d’Essais Utac, à Monthléry), assurer la représentation auprès des marques puis gérer la formation dans les ateliers des concessionnaires de marques Peugeot, Citroën, Renault et Porsche.

L’aventure des toits ouvrants continue…

« Avec Chouchou et notre premier fils, nous avons emménagé dans un pavillon à Bezons, non loin de Paris que nous avons construit nous-mêmes à partir d’une cabane. J’avais une idée en tête : je voulais populariser des formations pour apprendre à monter des toits ouvrants, et pour ce faire, réaliser des démonstrations devant les supermarchés. J’ai créé ma propre société et j’ai réuni une équipe d’une dizaine de copains que j’ai formés pour monter les toits ouvrants à la volée, les samedis et dimanches. Nous réalisions des démonstrations publiques, selon un rituel bien rôdé, sur les parkings Castorama à Aulnay-sous-Bois, Leclerc à Levallois-Perret et au Pont de Sèvres, Castorama-Lyon-Bron, Auchan-Vineuil-Blois… Pendant les opérations de pose du toit, une bâche tendue à l’intérieur récupérait les déchets, avant lavage de l’intérieur et extérieur de l’auto (lavages à haute pression afin de prouver la solidité du toit). Nous posions également de nombreux accessoires : promotions de rayon auprès des enseignes dont nous étions les fournisseurs. »

Question de taille

« Excellente renommée des montages, je suis abordé par Peugeot mais ma structure est disproportionnée par rapport au groupe. Ils m’ont envoyé chez un fournisseur importateur TEEF, STRA export. J’ai fait homologuer les toits pour les volants italiens, et autres accessoires importants, vendus dans les boutiques implantées chez les concessionnaires (une création à l’époque). Auprès des marques, j’ai joué le même rôle que chez VELM. Puis, on a ouvert les boutiques Peugeot et Renault, avec pour objectif de développer la pose de volants italiens (j’ai travaillé un temps chez Ferrari), l’homologation et l’exportation des toits ouvrants. Je participais aux Forums de concessionnaires pour former les agents. Ce fut une époque très dynamique ! »

Curieux cadeau de Noël

« Licencié, le jour de Noël, de TEEF (rupture par agrément-importante indemnité), je me suis retourné très vite. J’avais, auparavant, rencontré l’équipementier Wesbasto – Heuillez en Vendée qui m’a embauché sur le champ (j’y ai passé 2 ans) pour le montage des toits ouvrants sur des séries limitées Skoda, Lada… Puis, j’ai équipé des Jaguar, BMW et Austin en toits cassettes entiers qui sont montés maintenant d’origine. »

Bifurcation

« Échaudé par les multinationales, je me suis engagé dans un foyer de Jeunes Travailleurs de La Garenne-Colombe, employé par l’association Espace Condorcet. Pendant 3 ans, j’ai piloté la transformation du foyer, en Hôtel Condorcet, pour accueillir délinquants et femmes en difficultés. Nous proposions également des chambres individuelles pour les infirmières de l’hôpital proche, en phase de diplôme. Pour rentabiliser notre cantine, nous avons proposé de relier un atelier protégé (handicapés) à un foyer de personnes âgées. Les anciens partageaient leurs compétences. Cela créait des liens. J’animais l’équipe en tant que leader. J’ai obtenu une retraite anticipée avant 60 ans. »

 

©Christian Decroix

Retour au Loir et Cher

« Pendant toute cette carrière professionnelle menée à Paris et en région parisienne, nous revenions chaque année passer nos vacances à Sambin dans la maison de ma Grand-Mère, avec nos enfants : 13 ans après la naissance de notre premier fils, en 1977, un second fils nous est né. Je n’ai jamais coupé le cordon ombilical avec le Loir et Cher et surtout avec la Loire. Retraité, j’intègre la Fédération départementale du Loir et Cher de la Vie associative, dont je deviens le vice – président. J’adhère et deviens guide de la Fédération départementale et baliseur – aménageur, à l’association Randonnée du Val de Loire Sud (RVLS). Avec le club RVLS, qui couvre 15 communes, je participe à la reconstitution d’itinéraires et en ouvre d’autres. Me voilà baliseur, guide- animateur ».

1er contact avec Millière Raboton

« En tant que guide -baliseur de RVLS, je reconnaissais un parcours dans l’île de la Folie, en direction d’Amboise. Au passage, sur le sentier en bord de Loire, par une trouée dans les arbres j’aperçois une barque avec une voile hissée. S’en est suivi un dialogue historique :

Claude Chéron : « Beau bateau ! »
Jean Ley : « Qu’est-ce que vous faites dans l’île ? »
Claude Chéron : « Il est à vous ce bateau ? »
Jean Ley : « Et tes chaussures, elles sont à toi ? »

Je suis monté à bord et n’en suis pas redescendu. De fait, avec Jean, nous ne parlions pas beaucoup – ce qui est un scoop en ce qui me concerne – nous étions à l’amble et l’échange passait par l’intensité de ce que nous vivions ensemble. J’ai passé mon permis bateau individuellement et suis devenu tout naturellement bénévole par amitié pour Jean et pour l’équipe. Je coule une vie harmonieuse entre Chouchou, la randonnée et le fil de l’eau… Je vis au plus près de la Loire
qui m’a toujours porté. Je livre ici ma maxime préférée : ne pas contrarier ni la Loire ni sa femme ! À bon entendeur !»

 

Alors, à bientôt sur l’eau !

Conception-Rédaction Françoise Benassis
Direction artistique Adèle Gagnier