Blog-sur-Loire

Avril 2019

• Parole de Millière !
Édito

• Quoi d’9 en Loire ?
C’est l’printemps

• Quoi d’9 pour la flotte Millière Raboton ?
Validation complète !

• Quoi d’9 au port de Chaumont-sur-Loire ?
On plante le décor !
2e vie d’une Platte

• Quoi d’9 pour Gueule de Bois  ?
Grande première
Pin Douglas
Chaise à moteur

• Ceux d’Loire
Portrait de Jean-Claude Pilleboue

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Parole de Millière !

Agnès Legout-Catelain
Présidente de Millière Raboton

© Marianne Mercier

Les premières hirondelles – hirondelles de fenêtre – sont arrivées samedi matin, 30 mars, pile « plume » sur les rebords des fenêtres de Christian Decroix, à Veuves. C’est le style d’info qui nous enchante à Millière Raboton.

Et, si elles ne font pas le printemps, elles l’annoncent et c’est bon pour le moral et le démarrage de l’activité de Millière Raboton.

Tous sur le pont, et en particulier, Patrice Porcher et Gérard Schmitt, nos stylistes bénévoles pour l’aménagement de l’accueil sur le port de Chaumont-sur-Loire. Je vous invite à découvrir leur nouvelle déco de printemps.

Quant à Claude Chéron et Stéphane Doussard, ils se sont attaqués à un chantier crucial pour compléter l’équipement de Gueule de Bois : la réalisation et l’installation de son mat.

La haute saison approche, nous sommes parés pour offrir aux amoureux de la Loire de belles balades au goût de chacun pour baigner encore et toujours dans sa lumière unique.

À bientôt sur l’eau !

Quoi d’9 en Loire ?

C’est l’printemps !

On a beau la connaître, elle nous surprendra toujours ! Ainsi la Loire aux eaux transparentes, a baissé au niveau d’un étiage d’été puis elle est remontée – quand même -d’une cinquantaine de centimètres. N’empêche que les saumons et les aloses auront bien du mal pour remonter le courant… Bonne nouvelle : les 1ères sternes sont arrivées le 1er avril au matin

Quoi d’9 pour la flotte Millière Raboton ?

Validation complète !

L’inspection du Centre instructeur de Nantes s’est déroulée le 12 mars dernier.

Les 7 bateaux en service sont homologués pour 2 ans. Nous avons bien reçu le certificat de navigation de notre flotte. Bon vent aux toues Millière Raboton !

Quoi d’9 au port de Chaumont-sur-Loire ?

On plante le décor !

Près de l’embarcadère, on pourra désormais garer son vélo sur un dispositif idoine. Le parking à vélo bien calé au pied du panneau d’infos, en bordure de la piste Loire à Vélo, offre 8 places de dépose. Les 2 panneaux d’infos au port et à proximité de la route, ont été repeints à neuf et la présentation très appréciée des différents nœuds marins, a été entièrement reconstituée par son créateur, Patrice Porcher, qui a assuré également la restauration des 2 panneaux d’infos.

2e vie d’une Platte

La flotte Millière Raboton comptait une Platte. Le type de barque le plus répandu sur la Loire : c’est un bateau de pêcheur avec sa côme, coffre à l’arrière, où l’on entrepose le poisson et ses rames glissées dans des tolets qui les maintiennent sur les bords. Cette platte devait être réformée. Millière Raboton lui a offert une 2e vie. Nous l’avons coupée en 2 pour faciliter son transport jusqu’à l’Aquarium de Touraine d’Amboise où, après restauration, les visiteurs pourront l’admirer.

(Pour en savoir plus, la lecture du Dictionnaire amoureux de la Loire de Danièle Sallenave, paru aux éditions Plon est fort recommandée)

Quoi d’9 pour Gueule de Bois ?

Grande première !

Il y a longtemps, Jean Ley a acheté une poutre en lamellé collé Douglas, qu’il a entreposée dans une grange à Candé-sur-Beuvron. Cette poutre a fait le voyage jusqu’à l’ancienne forge de Chaumont-sur-Loire qui abrite le domicile de notre guide-pilote Stéphane Doussard. Avec notre grand ami et bénévole, Claude Chéron, ils se sont attaqués à la fabrication d’un mat destiné à équiper Gueule de Bois. Il a fallu donner du rabot et de la ponceuse pour convertir cette poutre bien carrée en forme conique. Stéphane précise dans un langage professionnel qui sonne très poétique : « Il a fallu ouvrir la lumière.. ». C’est-à-dire pour les non charpentiers de marine : fendre le mat dans la longueur pour insérer un anneau, un collier et une poulie. La photo ci-contre est explicite : pour consolider le mat, un étai – cordage – sera ainsi mis en place.

9 avril 2019 : Mat hissé sur Gueule de Bois !

© Gérard Schmitt

© Marianne Mercier

Pin Douglas ?

Cet arbre n’est ni un pin ni un sapin. Il porte le nom de son 1er importateur en Europe, au XIXe siècle : David Douglas, un anglais. Il a été utilisé pour reboiser le Massif central, le Morvan, Les Vosges et la Bretagne. Le Douglas ne nécessite aucun traitement spécifique en atmosphère à forte hygrométrie. Voilà qui est bien choisi !   

Une chaise à moteur !

Nous allons tester sur Gueule de Bois une nouvelle installation pour assouplir la remontée du moteur en situation de très basses eaux. Le moteur sera fixé sur une chaise ce qui permettra de louvoyer plus rapidement et confortablement pour épargner le dos des pilotes !

Ceux d’Loire ?

Jean-Claude Pilleboue
Premier bénévole Millière Raboton

Chaleureux et souriant, Jean-Claude Pilleboue est une figure historique de Millière Raboton. Présent dès les années de démarrage de l’activité batelière, il a accompagné de sa gentillesse et son savoir faire le déploiement des balades en Loire. On peut compter sur lui, hier comme aujourd’hui. Il figure sur tant de photos en bermuda, chapeau de pêcheur et sourire paraphé d’une coquette moustache…

Blaisois de souche

« Je suis né à Blois, quartier de Bas-Rivière, le 27 juillet 1959. Très tôt, j’ai perdu ma mère. C’est ma grand-mère qui m’a élevé. Mon père était maraîcher. Il a toujours considéré ses enfants – nous étions 5 : 3 garçons et 2 filles – comme une main d’œuvre à exploiter gratuitement. Dès la sortie de l’école, nous devions aller travailler dans les champs. Il n’était pas question de faire les devoirs. Ma scolarité s’en est ressentie… J’ai connu les passages de l’assistante sociale à qui il fallait faire bonne mine… »

Maraîcher par contrainte

« À Bas-Rivière, il y avait une quinzaine de maraîchers qui allaient vendre leurs récoltes sur le marché. Mon père en était. Il exploitait 50 ha sur des parcelles dont il était propriétaire et d’autres qu’il louait. La terre sableuse de Bas-Rivière, riche en potassium, était fertile. Le climat doux faisait le reste. Nous cultivions des pommes de terre, scaroles, navets, carottes, choux, choux de Bruxelles, choux fleur, tomates, poireaux, oignons… Une fois les cultures saisonnières récoltées, on plantait derrière du blé et des céréales… »

L’hivernage

En juillet, on ensemençait les endives et les betteraves en prévision des récoltes de légumes d’hiver. En novembre, on arrachait toutes les carottes. On pratiquait une rai de charrue (un sillon), on y entassait une première couche de carottes, puis on traçait une autre rai de charrue pour la recouvrir de terre, ainsi de suite sur plusieurs couches. On refermait l’ensemble par de la paille répandue dessus pour protéger les carottes du gel, le tout recouvert d’un polyane (plastique). Les betteraves se gardaient en silo sur une largeur de 4m, dans une tranchée de 50cm. Avant de les entreposer, on coupait les racines et les frous (feuilles). Les endives passaient l’hiver dans une petite serre d’une centaine de m2. Au milieu, on entassait des ballots de paille. Il y avait aussi un bassin (creux tapissé de polyane). Une fois les endives arrachées, on les rangeait par couches très soigneusement et on les recouvrait de feuilles d’arbres pour « qu’elles fassent leur fruit » dans le noir. L’hiver, on vendait sur le marché mais aussi chez les grossistes et les grandes surfaces. On approvisionnait des cantines d’usine. Nous avions 2 ouvriers.

Ah les patates !

« De l’âge de 12 ans à 21 ans, j’ai travaillé dur chez mon père. C’était trop pour des enfants et des ados. C’est bien simple dès qu’on avait les jambes assez longues, on conduisait le tracteur Massey-Ferguson ! Le travail avec les pommes de terre était éreintant. Mon père achetait les plants – des Ploumegat – en Bretagne. Au début on les ensemençait une à une à la main. Puis, on a utilisé une planteuse que tirait le tracteur. Pour l’arrosage, on disposait d’un système de quadrillage de tuyaux en plastique troués et vissés. De plus, il y avait 6 canons à eau à déplacer sur des rangées de 12m. Mon père récoltait quelques 100 tonnes de pommes de terre par an ! À maturité, il fallait les arracher et les trier sur un tapis pour faire tomber les mottes de terre. On emplissait des sacs de 100kg qu’il fallait ensuite vider, mettre en tas les pommes de terre et les calibrer à la main… Et tous les jours d’été, on ne savait pas ce qu’était les vacances, il fallait arroser, désherber, arracher les légumes puis les laver pour préparer le marché. Je me souviens aussi du lavage des céleris raves à la brosse avant de les aligner dans des caisses… Même après mes 14 ans, quand j’étais en apprentissage, dès que je rentrais à la maison, je ne soufflais pas, je devais faire le maraîcher… »

Premiers pas professionnels

« J’ai commencé par m’initier au métier de plombier chauffagiste comme apprenti. L’expérience ne fut pas concluante car je n’étais pas rémunéré. J’ai changé de secteur.  J’ai bifurqué vers le bois, j’ai été embauché chez Thuault. L’activité consistait à préparer le matériau bois pour le livrer aux menuisiers-ébénistes de Blois et des environs. J’intervenais en particulier dans le montage de fenêtre : rabotage, sciage et livraison chez les artisans »

Employé à la Ville de Blois

« J’ai démarré ma carrière à la Ville de Blois en 1979 en tant qu’éboueur. J’ai gardé un souvenir précis de mon planning. Lundi : ramassage des poubelles des restaurants. Mardi : l’industrie (déchets à récupérer dans de grosses poubelles en plastique). Mercredi : tournée en ville. Jeudi : à nouveau l’industrie. Vendredi : à nouveau la ville. Samedi : ville et industrie. Mon seul et unique jour de congé était le dimanche. »

Extension de la tournée

« Puis, j’ai évolué vers une tournée de plus grande envergure, hors de la ville de Blois, qui concernait une cinquantaine de communes et ce, du lundi au vendredi. Désormais je disposais de 2 jours de congés consécutifs ! J’ai encore en mémoire le roulement de la semaine : lundi St-Sulpice, mardi Bracieux, mercredi Feings-Cormerey, jeudi Ouchan/Monthou/Valaire, vendredi Bracieux/St-Sulpice) et ouf, la liberté pour le week end ! À cette époque, nous devions assurer nous-mêmes le blanchissage de nos vêtements professionnels ce qui ajoutait du travail à effectuer à la maison. C’était plutôt la charge de Sylvie… »

Nettoyage urbain

« Après 20 ans de poubelles et suite à une maladie professionnelle, j’ai été affecté au nettoyage urbain Propreté et doté des outils fonctionnels : la pelle et le balai. Mon secteur était balisé de l’hôpital jusqu’au Bourg-Neuf (avenue Maunoury, rue de Verdun…).  Mon travail suivait le rythme des saisons. Au printemps, je balayais les caniveaux et vidais les sacs vigie-pirate le matin alors que l’après-midi, je m’occupais de la propreté des trottoirs. L’été, il y avait beaucoup d’entretien (désherbage, nettoyage des graffitis…) tout devait être impeccable pour les événements festifs.  En automne, il fallait pousser les  feuilles dans le caniveau avant de passer à l’aspire-feuilles et la propulsion vers la benne. En hiver, c’était le traitement du gel avec le sablage côté main courante et tout l’entretien général du secteur… En 2016, j’ai fait valoir mes droits à la retraite. »

Tribulations en Loire !

« J’ai toujours été proche de la Loire. De Bas-Rivière à la rive, j’ai souvent fait le trajet avant d’habiter en Vienne et d’avoir à parcourir ma rue jusqu’à son extrémité pour descendre au bord de l’eau.  J’aime sentir la Loire, c’est mon univers. Mon obsession était de pouvoir naviguer sur le fleuve. Je me suis souvenu que j’avais été un temps ferrailleur aussi, à partir d’un toit d’estafette, je me suis fabriqué un bateau. Je l’ai mis à l’eau avec mon frère… pas de chance, ça tournait comme un bouchon… Alors, j’ai modifié mon système avec une planche pour fermer la partie ouverte à l’arrière. Lesté de ce poids à l’arrière, le bateau se levait à l’avant… il a fallu équilibrer les masses, ce qui n’était pas une mince affaire… Puis, j’ai eu la bonne idée d’acheter un petit moteur 7 CV Yamaha… trop puissant pour l’embarcation l’avant se relevait à nouveau… »

La rencontre avec Jean Ley

« Nous étions voisins. Nous nous sommes connus au temps de mon premier bateau fabriqué avec un toit d’estafette ! C’était un an avant la création de l’association Millière Raboton. En somme, j’ai été, je pense, le premier bénévole… Je me souviens comme si c’était hier de la première balade en Loire avec Jean, au départ du pont de Chaumont. La flotte comptait à cette époque en tout et pour tout 2 toues. Comme nous avions tous deux la passion de la Loire, nous nous sommes tout de suite bien entendus. J’avais déjà une bonne expérience de la pêche puis de la navigation en Loire avec mon bateau, un vrai bateau cette fois ! »

Bénévole à Millière Raboton

« J’ai passé le permis de piloter et j’ai obtenu l’attestation passagers. Retaper les toues, je suis partant comme je suis disponible pour accompagner les balades et les événements Millière Raboton de l’été.  Je me sens bien dans l’association, c’est pour moi, une communauté de passionnés de Loire ce qui nous lie fortement. Jean a commencé seul, puis Aurélien est venu… Aujourd’hui, avec Stéphane le nouveau salarié guide-pilote, et les 2 saisonniers Thomas et Paul, c’est une équipe efficace de 4 personnes tout aussi passionnées par la Loire que l’ensemble des adhérents et des sympathisants Millière Raboton. Je suis fier d’avoir participé activement à cette aventure si importante dans ma vie de riverain de Loire ! »

À quand une belle balade en Loire en compagnie de Jean-Claude Pilleboue, bénévole historique et fin connaisseur du fleuve ?

© collection particulière

Conception-Rédaction Françoise Benassis
Direction artistique Adèle Gagnier