Blog-sur-Loire

Avril 2021

Parole de Millière !
Agnès Legout-Catelain
Présidente de millière raboton

Chantier-Jeunes
2 journées pour une belle rencontre

Une dernière balade avant la prochaine… déconfinée !
Embarquez avec une équipe de FR3 Centre Val de Loire !

Ceux d’Loire
Roger-Auguste Rabin
2e épisode : La Drague de Chaumont-sur-Loire

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Parole de Millière !

Agnès Legout-Catelain
Présidente de Millière Raboton

© Thomas

Quel démarrage en fanfare !

Naturellement, je plaisante, puisque pour la 3ème édition nous nous retrouvons confinés 4 semaines. Alors rendez-vous en mai, « fais ce qu’il te plaît, dixit l’adage bien connu de tous… »
Nous allons terminer tranquillement les préparatifs de la saison estivale pour démarrer dès que nous le pourrons.
Cela n’empêche nullement la vie de continuer avec des Chantiers-Jeunes dédiés à l’embellissement de nos toues, moments très agréables qui permettent de faire découvrir le métier de guide-pilote et les tâches variées à accomplir pour le bon déroulement des balades.
La toue cabanée, destinée à l’accueil, a retrouvé son emplacement habituel et son « bon sens » après avoir connu un épisode « renversant », au moment de la dernière montée des eaux. Merci à Éric pour son coup de main et le prêt de l’engin adapté à la situation. La restauration à entreprendre pour rendre notre toue cabanée toute pimpante, va se dérouler avec l’aide de bénévoles toujours bien présents. Bénévoles aussi présents pour prêter main forte à l’agrandissement du local de la rue de Bellevue et améliorer d’autant le confort de travail. Nous leur sommes très reconnaissants de cette aide précieuse et indispensable.
Et pour clore la liste des tâches mises sur le métier : la préparation des 3 jours de festivité pour célébrer l’anniversaire de l’ami millière. Vous découvrirez, très prochainement, une page sur notre site, entièrement dédiée à la fête des 20 ans de millière raboton. Nous vous inviterons à aller la consulter dès qu’elle sera mise en ligne.

 

À bientôt sur l’eau
Agnès Legout-Catelain

Chantier-Jeunes

2 journées pour de belles rencontres

Ce chantier participatif était ouvert aux jeunes habitants des quartiers Nord de la ZUP de Blois, sous les auspices de ACESM, Service d’action éducative en milieu ouvert. Le 1er jour, le chantier a démarré avec 2 jeunes d’une vingtaine d’années, accompagnés de 2 éducateurs. Le 2ème jour, une jeune fille de 18 ans a rejoint l’équipe.
Le temps estival de ces 2 jours, a provoqué quelques coups de soleil à la clef. Les jeunes et les deux encadrants, nous ont prêté main forte pour faire peau neuve à 4 bateaux avec passages d’huile de lin et de lasures.
Ce fût une belle rencontre avec des jeunes motivés et volontaires. Chaque midi, un barbecue a réuni toute l’équipe pour un repas fort agréablement partagé sur le port. La fin du chantier s’est conclue par une balade en bateau sur la Loire, ce qui était une première pour ces jeunes.

Quelques commentaires de Thomas à propos des photos : les herbes qui pendent aux branches des arbres, indiquent le niveau de l’eau lors des dernières crues (2,5m de différence avec aujourd’hui) ; le héron cendré surveille de son nid les cormorans qui profitent du point de vue ; Hélios, le chien de Paul, s’accorde un repos bien mérité après une dure journée de labeur…

© Thomas

Une dernière balade avant la prochaine… déconfinée !

Embarquez avec une équipe de FR3 Centre Val de Loire !

Dimanche 4 avril, dernière balade avant le début du confinement, en très bonne compagnie, avec une équipe de FR3 Centre Val de Loire, quelques amis autour d’un tout jeune Papa qui voulait célébrer sa première paternité (les amis de ce groupe s’était lancé un défi : se raser un côté de cheveux, phénomène aisément repérable sur une photo), et quelques fidèles millière raboton. Le pique-nique a eu lieu dans l’île de la Chaumine. Au cours de la balade, nous avons repéré de nombreux chevaliers « cul blanc », oiseaux migrateurs de passage…

À bientôt pour la 1ère balade en Loire déconfinée !

© Caroline Barray 

Ceux d’Loire

-Roger-Auguste Rabin-

2ème épisode : La Drague de Chaumont-sur-Loire

Novembre 1951, une toute nouvelle passerelle métallique enjambe la Loire entre Écures et Chaumont, cet événement remarquable sonne le glas de l’activité de passeur, Roger-Auguste Rabin abandonne son métier et crée la 1ère entreprise de dragage de la commune. Il n’est pas débutant en ce domaine : à Muides, avant de devenir passeur, il était salarié de la drague locale.

© collection personnelle

Historique de l’implantation
Par lettre en date du 26 mars 1951, Roger-Auguste Rabin obtient l’autorisation d’installer une exploitation du sable de la Loire. L’entreprise occupe alors 2 endroits sur la rive de Loire. Le stockage des matériaux, en particulier les gravillons de 8/16 mm, utilisés pour le revêtement des routes en bitume, s’organise en contrebas de la digue, face à la mairie de Chaumont. Le 1er chantier d’extraction s’ouvre juste en face. Roger-Auguste Rabin salarie un passeur – pêcheur professionnel – qui assurera la fin de l’activité des traversées pendant que lui-même, installe la drague sur la rive chaumontaise. Roger-Louis se souvient qu’on appelait le passeur intérimaire, par son surnom – Canada – parce qu’il vivait dans une cabane au milieu des bois. Roger-Louis évoque également l’approvisionnement d’un chantier de construction d’une route à Vallières – ces chantiers étaient très demandeurs de matériaux issus du dragage – et les allers et retours des camions GMC, issus des surplus américains, s’effectuaient en grand nombre. Formidables véhicules à 6 roues tractrices qui déjouaient tous les pièges des abords sablonneux !

 

© collection particulière

La machine à draguer
À 13 ans, Roger-Louis commence à travailler avec son père, il est posté sur la drague, en binôme avec un ouvrier, il détaille ici, par le menu, les différentes séquences de la mise en œuvre de l’installation. Il faut ni plus ni moins, fabriquer la machine à draguer. Louis-Auguste Rabin commence par la construction du caisson de base qui va recevoir l’installation. Pour ce faire il utilise les tôles d’une vieille péniche qu’il a achetée : il se trouve que tous les matériaux qui la constituent sont de bonne qualité. Roger-Louis, a gardé en mémoire la technique utilisée pour créer le plancher. « Il fallait étendre une couche de planches en croix, les assembler avec des pointes, puis passer une couche de goudron pour l’étanchéité et recommencer plusieurs fois l’opération. Entre deux passages de goudron, il fallait le faire chauffer. Mon père a mis deux ans pour achever l’installation. Il a monté, lui-même, les structures destinées à recevoir le beffroi et l’âme ; sorte d’échelle métallique qui plongeait dans la Loire et sur laquelle tournait la chaîne à godets. En tête, se trouvait un portique qui supportait un treuil destiné à régler la profondeur de fouille. De part et d’autre de la tête, se déployaient 2 balancines qui se déplaçaient latéralement. L’ensemble comportait 3 ancres une en tête, et une à chaque balancine. Pour manipuler le treuil de tête, il fallait que je me pende au portique, il m’est même arrivé de m’assommer.»

La drague en action
Les godets de la chaîne se déversent dans le tromelle (important demi-cylindre descendant), qui comporte une rampe d’arrosage située au-dessus pour faciliter l’évacuation. Les matériaux prélevés passent alors sur 2 niveaux de grilles de différentes grosseurs. Les mailles de la 1ère grille sont de 3 mm pour récupérer le sable. Un autre exemple : la 2ème grille, de 8 mm, collecte la mignonette (3/8 mm). Les différents contenus passent par différentes goulettes afin de tomber dans le compartiment prévu pour chaque type de matériau, sur une péniche accostée à la drague. La goulette à sable connaît un sort particulier. Sable et eau tombent directement au fond de la péniche qui est tapissée de tôle galvanisée. Au fur et à mesure de l’amoncellement du sable, l’eau déborde de la péniche et retourne à la Loire, on peut alors récupérer le sable. La péniche équipée d’un remorqueur, assure la liaison drague-quai de déchargement.

Activité sur la rive
Des hommes armés de pelles déchargent la péniche, à la brouette. L’équipe comporte une dizaine d’ouvriers. Il y avait une véritable compétition dans l’utilisation des pelles – marque Gouvy – qui arboraient des numéros selon la grosseur des matériaux à traiter. Roger-Louis se rappelle qu’il prenait pour les produits moyens la 42 et pour les forts la 43. Avant d’être passeur à Muides, son père Roger-Auguste, a commencé par travailler au déchargement de la drague de Muides.

© collection particulière

Une drague qui bouge
Sur la drague, Roger-Louis tourne les manivelles de la machine qui avance mètre par mètre, pour créer un front de taille. La drague se déporte latéralement le long de ce front de taille, au rythme de l’extraction, au moyen de treuils qui permettent de la déporter sur le côté. C’est très important de pouvoir bouger l’installation, surtout lors des crues, dans ces circonstances, la machine à draguer vient s’amarrer au bord, sur la rive.

La manne de Loire
Roger-Louis Rabin répertorie les matériaux mis en vente : « Nous vendions des gravillons (8/16 mm) pour la construction des routes, le Jar (16,25 mm) pour le béton et le Gros Jar (24/70 mm) destiné au socle des routes. On rendait à la Loire les pierres blanches, nommées têtes de chat. Les parpaings constituaient un débouché pour le sable et les mignonnettes ».

Une drague nomade
Roger-Louis Rabin raconte : « On a bougé sur la rive de Chaumont. Nous avons quitté l’emplacement en face de la mairie pour installer la drague près du camping, puis aux abords de l’île de la Folie. C’était impressionnant comme déménagement, il fallait louer une grue, prévoir des camions… »

Fin de drague
Dans les années soixante du siècle dernier, des problèmes liés à l’implantation de l’exploitation surgissent, à propos de marges publiques/privées alors que la drague fonctionne aux abords de l’île de la Folie. Roger-Auguste Rabin achète un terrain à Rilly-sur-Loire où il ouvre un nouveau chantier d’extraction. Roger-Louis Rabin travaillera à la drague jusqu’à l’âge de 16 ans. Une tout autre carrière l’attend pour quelque temps : il quitte Chaumont pour le Luxembourg, pays natal de sa grand-mère maternelle, où il démarre une activité de garçon de restaurant à l’établissement Le Grand, bien situé sur la place d’Armes.

Remarques de Roger-Louis Rabin en 2021
« Si je me retourne vers ces années d’activité et si je fais un point aujourd’hui, force est de constater que le lit de la Loire s’est creusé de 2 mètres en un siècle environ, ce qui peut, côté positif, empêcher quelques crues. Cette forte dénivellation est due, en particulier, au fait que la reconstitution du sable est très lente. En draguant, on a vidé le lit de matériaux accumulés pendant des milliers d’années : le sable n’a plus d’assise sur de gros matériaux qui n’existent plus et les nappes phréatiques ne bénéficient plus du filtrage que constituaient ce sable et ces différents matériaux. On a détruit un milieu naturel. Dans ma jeunesse, les lottes remontaient la Loire, et je pouvais pêcher des plies… il y a bien longtemps qu’en Loire, elles ne mordent plus à l’hameçon ! »