Blog-sur-Loire

Décembre 2020

Parole de Millière !
Agnès Legout-Catelain
Présidente de millière raboton

Une chaleureuse invasion…
Les peluches à l’assaut de Chaumont-sur-Loire…

Grande Saga des Oursons sur l’eau
À nous la Loire et millière raboton et… Paul !

La toue cabanée part en balade !
Nouveau, les bateaux ont des roues…

SOUVENT FOI
Un toilettage en bonne et due forme !

On déboise, pourquoi ?
Pour qui ?

Ça fait toujours plaisir
Une passagère ravie… nous aussi !

Quand Marion prenait le bac pour Veuves…

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Parole de Millière !

Agnès Legout-Catelain
Présidente de Millière Raboton

Toutes ces belles journées lumineuses du mois de novembre, ne nous auront pas permis de vous emmener en bateau, que de belles balades aurions-nous pu faire…

millière raboton, homme de Loire, est toujours présent au port, en cette période hivernale :

  • Occupé à la surveillance de la flotte presque totalement désarmée c’est-à-dire déshabillée de ses équipements habituels, voiles, cordages, moteurs, gilets ….
  • Occupé à panser les plaies des toues qui après autant d’heures de navigation, ont besoin de soins pour retrouver leur superbe !

L’ami millière s’attèle aussi aux retours d’expériences pour programmer sa saison à venir, et améliorer son fonctionnement : avancer sur le dossier d’autorisation d’un ponton provisoire, le financement d’un ou de nouveau(x) bateau(x) avec ombrage ou pas, et le développement de partenariats éventuels sur des projets innovants ….

Ce n’est pas l’hibernation mais l’allure ralentit pour faire germer la nouvelle saison !

Que pouvons-nous souhaiter pour 2021, année du vingtième anniversaire de l’aventure millière raboton ?

Les moments festifs pour célébrer les 20 ans de millière raboton sont, eux-aussi, à l’état de germination. Aussi, n’hésitez pas si vous avez une proposition sous le coude à nous en parler. L’idée est de nous réjouir ensemble, pour célébrer cette date historique.

Souhaitons que 2021 soit l’occasion de moments de partage sans risque et beaucoup plus nombreux sur l’eau !

Une belle idée pour vos fêtes de fin d’année : offrez en cadeau, une balade avec millière raboton, il suffit de vous rendre sur notre site internet : www.milliere-raboton.net tout y est expliqué.

Excellentes fêtes et à bientôt sur l’eau !

©Arthur Grelet

Une chaleureuse invasion…

Les peluches à l’assaut de Chaumont-sur-Loire…

Ils se sont invités presque tout seuls et ils ont plu toute suite ! Qui n’a pas adopté son ourson blanc pour le magnifier dans des situations étonnantes et festives ? Impossible d’arpenter les rues du village sans que la balade ne se termine sur le port… Il en va de même pour ce joyeux troupeau qui, lassé de la glace de la banquise, rêvait de naviguer sur un beau fleuve, accompagné par un charmant guide-pilote humain… Avec les confinements, les animaux prennent de plus en plus le pouvoir ! Bravo à la municipalité de Chaumont qui a eu cette idée géniale, en ces temps moroses, de lancer un événement festif animé et partagé par les habitants. C’est la fête avec ses lumières, ses couleurs joyeuses, ses peluches bon enfant qui diffusent l’enchantement de Noël pour les petits et les grands. Chaumontaises, Chaumontais, amis de millière raboton, joyeuses fêtes !

Grande Saga des Oursons sur l’eau

À nous la Loire et millière raboton et… Paul !

L’assemblée générale du samedi 10 octobre n’a pas réuni le quorum nécessaire, soit la moitié + 1 des membres à jour de leur cotisation durant l’année d’exercice (1er avril 2019-31 mars 2020). Il y avait alors obligation de convoquer une seconde assemblée, à quinze jours d’écart, sans exigence de quorum, ainsi que prévu par nos statuts. Compte tenu de la pandémie, il a été envisagé d’envoyer, par mail (ou par courrier), à chaque adhérent, les documents à valider par vote postal, et de proposer au vote, la reconduite du conseil d’administration jusqu’à la prochaine AG, avec la validation de la participation au CA (sans droit de vote) de Anita Lopez qui s’est portée candidate au renouvellement des administrateurs. Les rapports moral et d’activité, les compte de résultat, bilan, budget prévisionnel, sont adoptés. La reconduite du CA, en l’état, et la présence de Anita Lopez aux réunions du CA, sont également entérinées.

©Arthur Grelet

©Stéphane Doussard

La toue cabanée part en balade !

Nouveau, les bateaux ont des roues…

La toue cabanée de millière raboton n’est plus flottante, c’est votre lieu d’accueil sur le port, quand vous nous rendez visite. Il serait dommageable pour elle de passer l’hiver sur l’eau. L’idée a été de la déloger et de la poser sur la remorque dont millière raboton a fait l’acquisition. À défaut de flotter, elle roulera et se déplacera facilement en fonction des caprices de Dame Loire.
Opération relativement complexe et qui demandait un peu de préparation. À cette préparation, il faut ajouter la collaboration technique et ô combien indispensable, de l’ami Éric Janvier, accompagné d’un de ses engins dédiés d’habitude, à son exploitation (4 roues directionnelles/braquage court…) L’engin, flèche non dépliée peut soulever 3 tonnes, ça tombe bien !

Acte 1 : rehausser un tréteau en renforçant les pieds pour ajouter de la hauteur. La toue doit arriver au niveau de la remorque. Poser la toue cabanée sur le tréteau de taille normale.

Acte 2 : poser l’arrière de la toue sur le tréteau réhaussé

Acte 3 : reprendre à l’avant, soulever le bateau et l’aligner par rapport au tréteau réhaussé situé à l’arrière

Acte 4 : reculer la remorque pour faire glisser la toue dessus

Ensuite, finaliser en glissant de gros tasseaux sous la sole, fixer le bateau et procéder à une grande toilette au karcher…

Évident non ?

©Stéphane Doussard

Souvent foi

Un toilettage en bonne et due forme !

©Stéphane Doussard

C’est notre bateau le plus ancien et, construit en bois stabilisé, il garde la forme !
Il faut reprendre le carénage de la coque et prévoir un goudronnage. Il s’agit, sagement, de prendre le temps d’anticiper des réparations pour les éviter !

On déboise, pourquoi ?

Pour qui ?

Une grande opération de dévégétalisation a eu lieu à la jonction de l’île boisée et de l’île aux mouettes. Le niveau des sédiments augmentait considérablement. La décision a été prise de prélever des arbres afin de préserver un grand espace libre, refuge naturel des sternes et autres migrateurs.

©Stéphane Doussard

Ça fait toujours plaisir

Une passagère ravie… nous aussi !

Bonjour,
Merci pour vos partages de vie sur la Loire.
Je suis venue cet été avec mes enfants et ce moment passé sur ce fleuve m’a énormément plu.
A la tombée de la nuit après une journée chaude, c’était un moment magique.
Bon courage à vous……
Muriel Petitjean

©Stéphane Doussard

Quand Marion prenait le bac pour Veuves…*

©Corinne Benassis

©Nicole Le Bellu

On dirait que Marion a pris goût aux traversées de la Loire. Nous sommes toujours en 1855, et pour passer d’une rive à l’autre, il faut prendre le bac ou nager si l’on est sportif… Impossible pour une jeune fille de cette époque de se jeter à l’eau !

Il faudra attendre octobre 1858, pour qu’un pont soit inauguré. De fait, il y a une malédiction sur les ponts de Chaumont, ils paient un lourd tribut aux guerres : ce tout premier pont sombrera dans les eaux d’hiver du fleuve, le 26 décembre 1870. Qu’à cela ne tienne, on le reconstruira. Entre temps, les passeurs reprendront du service.

En février 1873, on peut danser à nouveau sur le pont de Chaumont, flambant neuf. Ce pont aura une vie plus longue que celle du premier ouvrage, il lui faudra attendre le 18 juin 1940, pour sombrer, à son tour, dans la Loire, sous les bombardements des Alliés, une manière très personnelle de saluer un certain discours prononcé de l’autre côté du Channel !

Pour l’heure, en ce mois de septembre 1855, Marion, a une idée fixe : débarquer à Veuves. Et, grand luxe pour qui habite Chaumont-sur-Loire, non seulement il y a le bac pour traverser jusqu’à Écures pour se rendre, par exemple, le dimanche, au marché d’Onzain, mais en marchant jusqu’à Rilly-sur-Loire, par la levée – longer la rive de Loire, est impossible pour une élégante comme Marion – un passeur vous transporte en face, au village de Veuves. Et, il y a anguille sous roche pour Marion, là-bas…Pour l’heure, en ce mois de septembre 1855, Marion, a une idée fixe : débarquer à Veuves. Et, grand luxe pour qui habite Chaumont-sur-Loire, non seulement il y a le bac pour traverser jusqu’à Écures pour se rendre, par exemple, le dimanche, au marché d’Onzain, mais en marchant jusqu’à Rilly-sur-Loire, par la levée – longer la rive de Loire, est impossible pour une élégante comme Marion – un passeur vous transporte en face, au village de Veuves. Et, il y a anguille sous roche pour Marion, là-bas…

Elle est allée, ce matin, au marché d’Onzain, cette fois-ci avec sa mère. Difficile d’inventer un gros mensonge chaque dimanche. L’opération n’a pas été une sinécure. Elles se demandaient ce que fabriquait le passeur sur la rive d’en face, elles avaient beau toutes deux faire de grands moulinets avec leurs bras et hurler de toutes leurs forces, son prénom et son nom – millière raboton… millière raboton… – il n’en finissait pas de prendre le chemin du retour.  Sa mère l’a vertement tancé quand il a abordé, enfin, à Chaumont, assez loin de sa cabane où elles l’attendaient. Gare aux chaussures de ces dames… ce serait un drame, un jour de marché où tout le monde, remarque tout le monde, de la tête aux pieds.
 Sur la rive d’Écures, le passeur était en grande discussion avec un paysan et son bœuf, qu’il prétendait conduire à Chaumont. Il aurait pu s’y prendre un autre jour que celui du marché… De plus, le futreau du passeur, n’est pas adapté pour supporter pareil poids. Il faudra que le paysan attende qu’il revienne avec une embarcation destinée aux transports d’animaux. 

Le passeur en a plein le dos, de ces paysans qui ne comprennent rien ni aux bateaux, ni aux tarifs. C’est pourtant simple : chaque animal a son tarif particulier (âne, cheval, vache…) Et, tout aussi simple, le passage d’un bœuf coûte plus cher que celui d’une vache ! Et le paysan chipotait par-ci, par là. Il attendra le retour du passeur, comme ça, il aura le temps de réfléchir. 

À chaque passage de marchandise, correspond un prix : poinçon de vin ou de charbon, quintal de foin, bois… Il faut bien que le passeur gagne sa vie, il a un fermage à payer avant de tirer bénéfice de son activité.

Marion et sa mère, essoufflées, parviennent à la cabane du passeur de Rilly-sur-Loire. Il arrive de Veuves, une chance. Il n’arrête pas d’aller et venir d’une rive à l’autre : en ce premier dimanche de septembre, a lieu le pèlerinage annuel dédié à St-Gilles. Sa statue trône sur un autel d’une chapelle de bas-côté dans l’église St-Vincent (saint-patron des vignerons) et c’est aussi – et surtout, on le verra plus tard, pour Marion, la fête foraine.
Il fait une belle arrière-saison et les passagères portent encore leurs tenues d’été. La maman de Marion reconnaît avec satisfaction deux robes sorties de son atelier, fièrement portées par deux élégantes chaumontaises. Si une Veuvoise remarque le chic de ces robes, elle passera peut-être commande… Que diable, les affaires sont les affaires !On s’installe dans le futreau du passeur et, horreur, il y a de l’eau au fond du bateau. Ces dames sont obligées de relever leurs jupes pour ne pas gâter leurs belles robes. La maman de Marion en fait remontrance au passeur qui incrimine la foule qui souhaite passer de l’autre côté pour prier St-Gilles et faire la foire et ne lui laisse pas le temps d’écoper… Ce n’est pas une raison ! La maman de Marion dit qu’elle se plaindra aux Ponts et Chaussées, auprès des inspecteurs et des ingénieurs, pendant qu’elle y est !

Le passeur fera assaut d’amabilités à Marion et sa mère, pour éviter un contrôle de la part des inspecteurs des Ponts et Chaussées, qui sont, plutôt très à cheval sur le règlement. Justement, à Veuves, il a dû répondre de l’absence d’un poteau de repère (un marinier a dû y amarrer son bateau sans se poser de question, et l’a arraché sans autre forme de procès, lors de son embarquement !) L’inspecteur n’en a pas démordu, c’est au passeur de le remplacer, en tant que garant du matériel qui lui est concédé. Si le passeur veut conserver le fermage de ce bac, il faut qu’il soit rigoureux dans l’exercice de son métier. Car, le règlement, c’est le règlement !

Marion surveille attentivement la direction que prend le passeur pour aller accoster à Veuves. Il n’aurait quand même pas idée d’aller à la cale des Hauts-de-Veuves ! Tout de suite, elle se dit qu’elle est sotte et qu’un jour de pèlerinage et de fête foraine, le passeur jettera l’ancre au port du Bourg… Une bizarrerie locale : il y a deux ports à Veuves. À l’idée de descendre du bateau aux Hauts-de-Veuves et d’avoir à marcher un bon kilomètre à travers champs jusqu’au bourg, alors que Noël – le beau Veuvois qui vient vendre ses légumes et ses fruits, au marché du dimanche, à Onzain – l’attend au port du Bourg, son petit cœur se serre…

Le passeur est un homme costaud qui s’arc-boute de toutes ses forces sur la bourde et parcourt vivement le bateau de l’avant à l’arrière, sans répit. Il semble pressé de gagner l’autre rive, tant mieux, elle aussi.  
Il est malin, Noël, afin de pouvoir échanger quelques mots avec Marion, il a proposé, un jour, à ces dames, de porter leurs paniers dans sa brouette jusqu’au port d’Écures. Il y a un petit bout de chemin propice à la causette, surtout quand la maman s’attarde auprès de quelques clientes, au hasard des rencontres, en chemin.

Le passeur aide ces dames à descendre sur la rive du port du Bourg, Marion derrière sa mère, regarde où elle met les pieds, pour ne pas trébucher sur la planche apposée à l’avant du bateau, en relevant la tête, elle croise les yeux de Noël qui lui fait un signe discret de la main…

À bientôt pour d’autres aventures sur les bacs de Loire, du XIXème siècle à nos jours… 

*Ce texte s’inspire directement du travail de recherche de Gérard Steinmetz que je remercie ici pour la générosité de son partage. Françoise Benassis.