Blog-sur-Loire

Février 2021

Parole de Millière !
Agnès Legout-Catelain
Présidente de millière raboton

Janvier 2021
Remise à l’eau de Souvent Foi

10 mai 2003
Balade mémorable sur le Beuvron
À bord avec Jean Ley

9 mai 2009
Autre balade tout aussi mémorable sur le Beuvron
À bord avec Jean Ley

27 janvier 2021
Croisière Beuvron-Cosson
La balade aux 5 ponts, 2 rivières, et 1 fleuve !

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Parole de Millière !

Agnès Legout-Catelain
Présidente de Millière Raboton

Jean Ley 10 mai 2003
©Anne-Catherine Peter

C’est bien en février 2001, que naissait l’ami millière raboton, homme de loire.
Jean LEY tombé en amour de la Loire depuis quelques temps déjà, désirait développer des balades sur des barques traditionnelles, nommées toues.

Après avoir regroupé quelques compères, millière raboton, homme de Loire, a vu le jour. Ce ne fut pas une aventure forcément paisible à bien des égards, sans doute à la hauteur de la magie procurée par les moments de partage sur le fleuve, et le caractère bien trempé du pilote de l’aventure.

L’authenticité des balades proposées, a séduit, au fil des années, de plus en plus de passagers, embarqués en amis sur nos vaillantes toues comptées jusqu’au nombre de 9 à l’arrivée de la dernière née : Gueule de Bois.

L’aventure longtemps incarnée par Jean, et reconnue notamment lors de la diffusion de la célèbre émission des Racines et des Ailes bénéficie d’une notoriété étendue…

Ce succès repose presque essentiellement sur nos guides-pilotes, salariés et bénévoles, capables aussi bien de conduire leur embarcation et ses passagers, en toute sécurité, et en toutes saisons, que d’animer la balade au rythme du temps de Loire, autour de la faune, la flore, la lumière ….

Rappelons que nous parlons là d’une aventure associative qui ne recourt que très peu aux subventions publiques et fonctionne principalement sur les recettes des balades.

Faut-il encore et toujours rappeler que le conseil d’administration a besoin de renouvellement et que nous disposons aujourd’hui d’une équipe de guides-pilotes compétents et solidaires, aidés par des bénévoles dévoués mais pour certains vieillissants. À l’occasion de cet anniversaire nous allons créer des moments de rencontre afin de pouvoir aborder quel pourra être l’avenir de cette aventure unique.

Retrouvons-nous le mois prochain pour détailler quelle sera la saison à venir et quelles seront les réjouissances proposées pour les 20 ans de millière raboton.

Janvier 2021

Remise à l’eau Souvent Foi

Chouchouté, goudronné, revu et corrigé, Souvent Foi reprend du service. Opération moins simple qu’il n’y paraît ! L’ami Éric Janvier a répondu présent avec un engin dédié habituellement à son exploitation (4 roues directionnelles, braquage court…) et tellement adaptable à l’activité batelière… L’engin, flèche non dépliée, peut soulever 3 tonnes ! Photo à photo, vous pouvez suivre les étapes de la remise à l’eau : une performance récurrente bien maîtrisée.

© Stéphane Doussard

10 mai 2003

Balade mémorable sur le Beuvron
À bord avec Jean Ley

Michel Millet, de Randonnées Vallée de Loire Sud (RVLS), est à l’initiative de la parution de ces photos, qui nous permettent de retrouver Jean, souverain à la bourde. La coïncidence de la découverte de cette balade sur le Beuvron avec notre sortie du 27 janvier dernier, tient à l’envoi de la newsletter désormais hebdomadaire où notre balade Beuvron-Cosson était évoquée… Michel Millet se souvient de cette balade qui couplait bateau et randonnée entre la confluence Loire-Beuvron et l’île de la Folie. Commentaire de la passagère photographe, Anne-Catherine Peter : « Quel plaisir de revoir toutes ces photos, qui rendent compte d’un moment sur Loire avec Jean Ley, batelier.
Elles sont belles, oui, cela mettra en valeur l’homme, la batellerie, le territoire : le patrimoine ligérien, naturel et culturel. »

© Anne-Catherine Peter

9 mai 2009

Autre balade tout aussi mémorable sur le Beuvron
À bord avec Jean Ley

Pierre Langlois du club Saint-Arnoult Randonnée, basé dans Les Yvelines, a remarqué Jean Ley sur le petit écran, lors de la participation de millière raboton à des Racines et des Ailes. Sur la recommandation de Michel Millet – Randonnées Vallée de Loire Sud (RVLS) – une balade en toue a été programmée. Elle a commencé par un détour sur le Beuvron qui roulait, en ce mois de mai, de hautes eaux. Hélas, une pluie diluvienne a brutalement interrompu le parcours. Jean Ley a décidé de ne pas faire payer une balade tellement écourtée, ce qui a été fort apprécié des participants. Il y eut une autre balade, réussie cette fois, en 2010. Elle comportait une descente de Loire avec retour à pied au port de Chaumont. Une fois les marcheurs revenus à pied à bon port, ils ont retrouvé Jean Ley qui embarquait pour dépanner le moteur d’une toue déjà sur le fleuve. Il a proposé à ceux qui le souhaitaient, de repartir avec lui pour un petit tour supplémentaire. Invitation sans façon qui parle de générosité et de plaisir de partager des instants uniques sur la Loire… Tel était Jean !

© Michel Millet et Pierre Langlois

27 janvier 2021

Croisière Beuvron-Cosson
La balade aux 5 ponts, 2 rivières, et 1 fleuve !

C’est Thomas qui a baptisé ainsi la sortie : 1 pont de Chaumont, 3 sur le Beuvron, 1 sur le Cosson), 2 rivières et 1 fleuve !

Quel programme pour ce mercredi de grisaille, bruineuse en milieu d’après-midi ! Au diable le mauvais temps, nous sommes tous tellement heureux de partir en balade. Nous, quelques adhérents chanceux d’être disponibles au bon moment. La Loire a inondé la rive et la piste cyclable, nous embarquons au bas de la cale pour faciliter l’accès de Stéphane qui a le pied dans le plâtre, suite malencontreuse d’une chute à moto. Notre guide-pilote coordinateur exulte, il remet le pied (image !) sur une toue après 3 mois de confinement augmenté. La Loire aux eaux boueuses, au lit immense, au fort courant, joue des airs de Missouri comme se plaisait à le remarquer, en son temps, Julien Gracq. De nombreux cygnes nous escortent, en maîtres des lieux.

© Françoise Benassis

Un autre monde
Dès l’entrée sur le Beuvron, chacun a le sentiment d’avoir franchi la frontière d’un autre monde, protégé par les arbres. Le vert des prairies qui s’amollissent jusqu’à l’eau, est d’une grande douceur soyeuse. La lumière tamisée nous enveloppe et nous met au secret d’un paysage serein. L’endroit est si sûr, que le Beuvron a souvent servi de gare à bateaux, lors de crues ou d’intempestives conditions météorologiques.

© Françoise Benassis

Des plantes inattendues
Nous découvrons un paysage de bocage – Agnès évoque le marais poitevin – peuplé d’oiseaux et d’animaux que nous dérangeons au fur et à mesure que nous avançons en prenant garde aux branches tant le lit est étroit. À l’entrée du Beuvron, Stéf fait remarquer des plantes inhabituelles en pays ligérien : des asters de l’Himalaya. En provenance des jardins particuliers, les graines de ces fleurs dites vendangeuses – elles s’épanouissent en rose au moment des vendanges – affectionnent tout particulièrement les berges humides.

© Françoise Benassis

Ballet d’oiseaux
Petit Paul, Stéf et Thomas, ont l’œil aux aguets pour signaler les oiseaux perturbés dans leur quiétude habituelle.
À l’entrée du Beuvron, nous faisons fuir 2 grèbes huppés, revêtus de leur plumage hivernal : calotte noire courte, dos sombre, flancs avec des reflets roux, tout le reste blanc. Il faut écarquiller rapidement les yeux pour relever tous ces détails de reconnaissance puis discuter après de ce que les uns ou les autres ont remarqué vraiment. Les cormorans prennent lourdement leur envol, que d’efforts avant de planer ! De fait, c’est un corbeau marin (étymologie latine corvus marinus), nommé ainsi pour son cri rauque et son plumage noir. Ses décollages laborieux sont à imputer à son plumage non hydrofuge et à son estomac bien rempli de poissons : il plonge en apnée pour les attraper. Stéf raconte qu’à la vue d’un chasseur arborant un fusil, un cormoran a régurgité les poissons piégés dans son estomac pour voler plus vite et échapper à ce qu’il sait reconnaître comme une dangereuse menace… Soudain, c’est un héron bihareau qui jaillit d’un arbre. Glouton éclectique, il se nourrit d’insectes, vers, reptiles, rongeurs, et n’hésite pas à visiter les nids – en particulier, des héronneaux des autres espèces – pour gober les œufs ou se repaître des petits. C’est aussi un sadique qui fait vibrer son bec dans l’eau pour attirer ses proies, poissons ou batraciens. Sur la rive, en approchant de Candé, nous dérangeons une famille nombreuse de ragondins qui se mettent à fuir en grande hâte. Les ragondins creusent des galeries profondes qui minent les rives. Ils vivent dans des terriers où les femelles donnent naissance – 2 portées par an – à 8 à 10 petits à chaque fois. Une main d’œuvre qualifiée pour créer un vaste réseau de galeries qui peuvent provoquer des effondrements…

Source : Internet

2 ponts emblématiques
En remontant le Cosson depuis sa confluence avec le Beuvron, l’intimité avec les rives s’intensifie sur une rivière encore plus étroite : on se coule littéralement dans le paysage. L’idée a été de démâter pour passer sous le pont trapu du Cosson – tout en arc en plein cintre – pour le plaisir enfantin de se retrouver sous une arche, expérience jubilatoire, qui au fond, n’a pas d’âge… Il a fallu toute la dextérité de Jeannot, Petit Paul et Thomas à la manœuvre, éclairés par l’accompagnement de vive voix de Stéf, pour faire demi-tour sur le Cosson avec une toue… Bravo à leur savoir-faire ! Frustrés de ne pas avoir franchi les ponts sur le Beuvron, nous avons remonté la rivière pour sacrifier aux rites de passage et prendre à bord, en bateau stop, le maire de Candé qui n’avait pas prévu de se rendre, par voie d’eau, jusqu’au port de Chaumont…

© Françoise Benassis

Nos amis les arbres
Les arbres montent une garde pacifique, en ligne, sur les bords des 2 rivières. 3 arbres ont retenu, en particulier notre attention : le saule Marsault pleureur, un arbre couvert de gui et un trogne. L’élégante chevelure du saule Marsault se couvrira en mars de chatons si lumineux et si doux au toucher, qu’enfant, j’en faisais de grands bouquets qui embaumaient ma chambre.

© Françoise Benassis

L’arbre envahi par le gui, appelait un commentaire de la part de Stéf : sous Napoléon III, il a dû se produite une invasion de gui sur de nombreux arbres au point de pousser l’Empereur à légiférer. Dans les exploitations forestières, le parasite colonisait les arbres pour leur perte et perturbait la production, il fallait réagir promptement, ce que l’on fît ! Tout arbre exhibant les jolies perles traîtresses, devait être abattu selon un protocole strict – par petits bouts, à partir du haut – lesquels petits bouts entassés au pied de l’arbre devaient être immédiatement brûlés pour éviter la propagation… Sous le Second Empire personne ne s’embrassait sous le gui !

© Françoise Benassis

À tout seigneur, tout honneur : le trogne ! Son nom vient du gaulois trugna qui signifie « nez » « museau », on l’appelle aussi têtard. L’homme, déjà au Néolithique (8500-3000 av.J.-C.) – on a retrouvé un vestige de têtard dans la vase, vestige daté au Carbone 14 – avait observé un phénomène naturel chez les arbres et en avait tiré une technique de « sculpture » pour une exploitation plus facile. Quand un arbre est stressé (cassure, attaque de castor…), il inhibe sa production de bourgeons reconvertis en bourgeons dormants, prêts à reprendre du service dès que l’alerte sera passée. Il se produit alors un phénomène de réitération traumatique : l’arbre reproduit la même architecture qui correspond à sa blessure (repérer les bourrelets d’étêtages réguliers sur toute la hauteur) ce qui facilite les tailles à venir. Il est possible de pratiquer l’émondage selon cette même technique. L’art du « trogne » s’est généralisé durant notre Moyen-Àge, a survécu jusqu’au XXème siècle, avant de péricliter aujourd’hui.

© Françoise Benassis

Encore une balade mémorable !

Voulez-vous participer à ces sorties exceptionnelles, organisées sur le moment au bon moment ?
Elles sont réservées – gracieusement – aux adhérents millière raboton.
Rejoignez-nous ! À bientôt sur l’eau

> À découvrir dans le Blog mars 2021 :
Roger-Auguste Rabin, le dernier passeur de Chaumont-sur-Loire