Blog-sur-Loire

Mai 2019

• Parole de Millière !
Édito

• Quoi d’9 à l’Asso?
La ferme de la Cabinette et le Marché des Vikings

• Quoi d’9 après la journée Eductour ?
Un beau retour

• Quoi d’9 en Loire ?
Envie de balades pascales !

• Quoi d’9 au port de Chaumont-sur-Loire  ?
On s’active, on s’active !

• Ceux d’Loire
Portrait de Christian Decroix

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Parole de Millière !

Agnès Legout-Catelain
Présidente de Millière Raboton

© Stéphane Doussard

Le joli mois de mai, en ses premiers jours, balance à quitter « son manteau de froidure et de pluie » comme le versifiait si bellement Charles d’Orléans, gageons qu’au moment où vous découvrirez ces lignes, le temps se sera « vêtu de broderie. De soleil luisant, clair et beau… » Un brin de poésie, aussi agréable à se remémorer que le parfum du muguet chaque 1er mai !

Comme nous vous l’avons présenté dans le blog d’avril, nous continuons de peaufiner l’accueil au port. En cours : l’installation d’un point d’eau, d’un coin ombragé, l’accès aux toilettes dans notre annexe… ce qui, complété par quelques tables et chaises, permettra une vie plus animée et tout à loisir sur la rive.

Très logiquement entre voisins investis dans la découverte de la nature, Millière Raboton a adhéré à la marque Loire à vélo-Région Centre-Val-de-Loire. Le dispositif pour garer les vélos au port de Chaumont, sera sûrement très apprécié des amoureux de la petite reine, qui pourront ainsi se poser vraiment et se ressourcer face à la Loire tout en découvrant les activités proposées par Millière Raboton…

Les arrivées de nos 2 guides-pilotes saisonniers – Paul, le 15 avril et Thomas, le 15 mai – sont les signes avant-coureurs bienvenus de la haute saison. Aux côtés d’Aurélien et de Stéphane, l’équipage Millière-Raboton sera au complet pour œuvrer sur le fleuve en compagnie de nos pilotes-bénévoles efficaces et dévoués.

Je vous et nous souhaite une très belle saison !

Quoi d’9 à l’Asso ?

Millière Raboton s’exporte et se transporte sur site. Durant les 20-21 avril derniers, lors des Journées Portes Ouvertes de La Ferme de la Cabinette (cliquez pour accéder au site), un stand de présentation des activités de Millière Raboton a été animé vaillamment par Philippe Gautier, Jean Lopez et Pierre Teyssère. Ce 12 mai, c’est à Veuves, au Clos des Oiseaux, que Millière Raboton s’est inséré au Marché des Vikings … Il est vrai, qu’entre marins c’est tout naturel !

Quoi d’9 après la journée Eductour ?

© Gérard Schmitt

Cette journée du 11 avril, a réuni une quarantaine d’hébergeurs partenaires au cours d’une balade en Loire qui a pris ses quartiers sur la rive d’en face pour un temps de dégustation et de présentation de nos activités. Nous avons reçu un beau retour sur notre page Facebook, retour plus explicite qu’aucun commentaire supplémentaire : « Un immense merci pour cette belle parenthèse dans le temps, pour ces commentaires, ces échanges et ces rires dans le silence au fil de l’eau, pour ce délicieux silure fumé au goût si délicat, pour vos sourires et votre engagement : c’est donc avec plaisir et confiance que nous vous recommanderons à nos visiteurs pour cette nouvelle saison comme nous l’avons fait durant les précédentes. Et puis surtout, surtout, sans oublier le doux regard de Jean, toujours si présent sur ce fleuve qu’il aimait tant…et qui le lui rendait bien. »

De La Rossignolerie

Quoi d’9 en Loire ?

Cette année, le week end de Pâques a inspiré à de nombreuses personnes l’envie de partir en balade sur l’eau.
Nous avons rempli une moyenne de 5 bateaux chaque jour. C’est de bon augure pour la suite…

Quoi d’9 au port de Chaumont-sur-Loire ?

Un port qui ne se repose jamais : toujours quelque chose à faire. La toue cabanée a été passée au peigne fin pour être digne d’un accueil convivial et fonctionnel.

Il a fallu poursuivre l’armement de Gueule de Bois dont vous découvrez ci-contre la corde de montée de vergue fixée au pied de son mat. Finitions, appareillages, bref nous la chouchoutons notre nouvelle toue qui est en cours d’homologation. Et puis, il faut penser au reste de la flotte : les bateaux frais lazurés ont pris un coup d’jeune !

© Stéphane Doussard

Ceux d’Loire ?

© collection particulière

Christian Decroix
Persévérance, verve et humour

Christian Decroix, une longue silhouette bien charpentée, des yeux doux gentiment interrogateurs derrière les verres de lunettes. Une douce voix – contraste avec sa stature – qui fait feu dans une conversation nourrie scandée de saillies drôles et fines. Christian Decroix est de si bonne compagnie que, même de prime abord, on a l’impression de l’avoir toujours connu.

Puzzle de départ

« Je suis né rue des Martyrs, l’ancien chemin qui menait au village de Montmartre, juste en face du siège de la Section française de l’Internationale ouvrière, plus commodément appelée : SFIO. Ma mère venait des Mureaux et mon père de Neuilly. Avais-je à peine crié pour emplir mes poumons que ma famille a constaté chez moi une anomalie que j’ai l’honneur de partager avec Louis XIV et Napoléon – excusez du peu…- je suis venu au monde avec une dent, ce qui tendrait à prouver que j’avais la ferme intention de mordre dans la vie ! »

Petite enfance itinérante

« Mon père était chef de chantier pour l’électrification de la ligne de train Paris-Lyon-Méditerranée – autrement dite, PLM.  Nous avons donc suivi le chantier en famille. Ma première école fut celle de St Rambert d’Albon, qui constituait alors un nœud ferroviaire important dans la vallée du Rhône, entre le Massif central et les Alpes. Le chantier terminé, nous avons regagné Paris et nous nous sommes installés Porte de la Chapelle. »

Scolarité en dents de scie

« Mes parents m’inscrivent à l’École St Bernard tenue par les Jésuites. Je me souviens de mon trajet d’écolier entre les gares du Nord et de l’Est avec le passage obligé à travers les vapeurs des locomotives à charbon. C’est chez les Jésuites, que j’ai appris à lire. J’avais bien du mal avec l’institution scolaire. Mes résultats étaient très mauvais. J’avais ma logique à moi – que j’ai gardée, il me semble – ce qui se révélait totalement incompatible avec la pédagogie en vigueur. Mon exercice scolaire récurrent était d’être régulièrement astreint aux tours de cour à la récré. Ma mère inquiète du nombre de ces punitions,  m’en demanda la raison : « C’est parce que je parle en classe» » « Et tu ne peux pas le faire plutôt à la récréation ? » « Je ne peux pas, je fais des tours de cour !». Soit dit en passant, ça peut ressembler aux syllogismes d’Aristote !

Grande enfance itinérante

« Mon père ayant changé d’emploi, j’ai connu une période de relative stabilité scolaire à l’école primaire de Bourtzwiller, près de Mulhouse.
Puis, je suis entré en sixième au Lycée Lambert et, après un autre changement de travail de mon père, au Lycée Champollion de Grenoble, qui fut remplacé un peu plus tard par le lycée Marcellin Berthelot nouvellement construit.  Un nouveau changement d’emploi de mon père, nous conduisit à Montpellier avec l’intégration dans un nouveau lycée. »

Drame

« C’est là que mon père s’est tué en voiture, il avait 41 ans, j’en avais quinze. Avec ma mère et ma sœur nous nous refugiâmes chez ma grand-mère à Paris. Depuis ce douloureux événement, je ne supporte plus d’entendre le téléphone sonner la nuit. La bibliothèque municipale étant à côté de chez ma grand-mère, je me réfugiais dans la lecture, en dévorant pêle-mêle Dumas, Jules Verne Lovecraft, Kipling, Kessel et plein d’autres. »

Fin de partie scolaire

« J’intègre le Lycée Charlemagne, j’enregistre de bons résultats en français et en musique, un zéro pointé en maths. Passage au Lycée de Cachan, en 1968, j’obtiens mon BEPC à la surprise générale. Je passe alors en 2e technique au Lycée Voltaire. On habitait à Antony, je faisais 2 heures de métro chaque jour pour aller en cours. Là, encore, je suis poursuivi par les mauvais résultats scolaires. Entre temps, j’ai découvert le théâtre et je fréquente « La Méthode », le Centre américain du boulevard Raspail et le Café de la Gare où s’illustrent Coluche, Patrick Dewaere, Miou Miou et Romain Bouteille… mais cela a un prix ! En fin d’année, le couperet scolaire tombe : admis ni à redoubler ni à passer en terminale. Clap de fin de ma carrière scolaire ! »

Armée et 1ère embauche

« Après une période d’incertitude entre la photographie ou l’école de la rue Blanche (cours de comédie), je suis finalement parti faire mon service militaire. Le service national était de 16 mois à l’époque mais je n’en ai fait que 12. J’ai été envoyé à Fribourg en Allemagne. J’avais choisi les Transmissions. Je m’y trouvais l’année de la mort du Général de Gaulle. En sortant de l’Armée, je me retrouve pour un petit boulot à Autrans (Vercors). Je passe alors un concours pour une formation ANPE de dépanneur-télé assorti d’un stage de 6 mois qui se déroulera à Champs-sur-Marne. Ayant obtenu le diplôme de dépanneur-télé, je suis embauché par un employeur de Genève, je deviens donc travailleur frontalier. Mon mariage et la naissance de mon premier enfant me font retourner en région parisienne à Bagneux où je complète ma formation par un stage de TV couleur de deux mois. »

Lozérien et théâtreux

« Après une période de relative stabilité, On me propose un poste en Lozère, choix judicieux pour un néo-gaucho-écolo-pataugas Nous décidons d’aller vivre en famille en Lozère. Nous ne partons pas seuls. Nos enfants sont désormais trois. Je suis embauché comme dépanneur-télé chez un revendeur d’électroménager dont je deviens le technicien. Nous nous installons donc en Lozère et lions des liens étroits avec une troupe de comédiens amateurs principalement composée d’enseignants. J’apprends des rudiments d’Occitan. J’assure des vacations de régisseur au Théâtre municipal de Mende. Je pars même en tournée dans les Cévennes avec Jean-Michel Haas (un ex du Café de la Gare) dans les années 1980, et nous montons une dizaine d’œuvres de Anouilh à Sartre et des réalisations écrites par nous-mêmes. »

Le baccalauréat

« À un réveillon de Nouvel an avec la troupe, (nous avions dû bien arroser la soirée), quelqu’un m’a mis au défi de passer mon bac. J’ai parié un gueuleton, et me suis lancé dans l’aventure. Pour s’inscrire en candidat libre, il fallait se rendre au Rectorat de Montpellier où j’ai poireauté 2 heures dans un couloir. J’ai choisi comme langues l’allemand et l’anglais. Ainsi, j’ai passé mon bac à 40 ans. Je m’étais inscrit au téléenseignement et j’ai bénéficié des conseils de mes amis profs. Je me suis remis à l’anglais, à la philo. J’ai passé l’épreuve de Français la même année par dérogation, je me souviens encore de la liste des textes et des auteurs qui a visiblement surpris l’examinatrice :  Andromaque/Racine, Bilbo le Hobbit/Tolkien, des nouvelles de Supervielle, Topaze/Pagnol, Nekrassov/Sartre. Reçu avec mention Bien malgré un 3 en maths ! Et on m’a offert un super gueuleton ! »

Voir venir

« Mon boulot de dépanneur évolue : je commence à m’ennuyer de passer mon temps à changer des plaquettes…et je m’inquiète de l’avenir de ma profession. Une idée me taraude : que faire de mon bac en poche ? Je me sens très attiré par l’Histoire ce qui n’offre que peu de débouchés, je choisis le Droit où je garde un volet Histoire. Je m’inscris en candidat libre en 1ère année de Droit. Je suis les cours le lundi et je parviens à obtenir de faire les TD le même jour. Mardi, je reprends le boulot. C’est mon emploi du temps durant 4 années. Je rajoute un autre cursus auprès de l’Institut des Sciences criminelles : examen en juin en même temps que celui de l’Institut d’Études judiciaires. La 4e année je démissionne de mon travail en mai avant de passer en juin ma maîtrise. Dans la foulée, je passe 2 concours, celui de greffier en chef (j’échoue d’un point) et je réussis celui de greffier. »

Greffier

« J’avais tout à apprendre du métier de greffier. La formation était dense : 1 an d’études à l’école de Greffe de Dijon, 3 mois de stage à l’école et 3 mois de stage en juridiction. Pour moi, ce fut à Mende au Tribunal de Grande Instance. Selon ton classement au concours, tu pouvais choisir ton poste. Comme j’étais bien classé, je me suis investi, à la sortie d’école, dans la place de greffier informatique au ministère de la Justice. Là, j’ai connu l’honneur de ma vie en présentant l’évolution de l’un des logiciels d’informatique judiciaire à Maître Badinter…alors Garde des Sceaux. »

Greffier en chef

« Pas question de rester sur un échec à un point près, je repasse l’année suivante le concours de Greffier en chef. Je l’obtiens et je repars pour 6 mois à l’école des Greffes. À la sortie, bien classé au concours j’ai à nouveau le choix de ma future intégration. Je replonge dans l’informatique et me retrouve délégué à la Formation informatique pour les cours d’Appel de Riom et de Limoges. J’évoluerai ensuite vers la mise en place de formations informatiques au sein de l’école des Greffes. J’avais mis au point quelques méthodes de mon cru qui se révélèrent efficaces, par exemple : faire un exposé sur les principes de l’ordinateur en mettant à plat une machine le matin puis, en l’espace d’une demi-journée… la remonter et la relancer ! »

Le jeu des échelons et l’enjeu sentimental

« Ces activités denses et prenantes ne sont pas sans conséquences sur ma vie de couple qui se dissout à cette époque. J’étais fonctionnaire A3, je passe un examen pour devenir fonctionnaire A2 ce qui représente une promotion. Reçu, je suis obligé pour la réalisation de l’avancement de changer de poste. Je deviens Greffier en chef adjoint au tribunal de Grande instance de Clermont-Ferrand. Divorcé depuis quelque temps, j’avais sympathisé avec Martine alors que j’étais à l’école des Greffes Nous nous étions découvert un gout commun pour la Chine. À la sortie de promo, il se trouve qu’elle partait 20 jours en Chine : elle me promit de m’envoyer une carte postale, j’en reçus deux ! Puis nous avons fait route ensemble. Elle est devenue A2. J’ai grimpé A1. Je suis parti à Nancy pour 6 années afin d’assumer le rôle de coordonnateur du Service Administratif régional (SAR). C’était passionnant en ce sens où c’était une création de poste. J’intervenais en pleine innovation : il fallait tout regrouper sous une même entité (service budgétaire, informatique…). L’enjeu était de rendre l’administration plus efficace en mettant en ordre de marche commune un éventail de services… »

Enfin, nous irons à Blois !

« Arrivée dans le Loir et Cher en 2004, pour bénéficier d’un poste double de direction de greffe : Martine au tribunal d’Instance et moi, au tribunal de Grand Instance. La mutation parut le 14 juillet, et nous devions prendre nos postes tout début septembre. Nous nous sommes mis en quête d’un pied à terre. Nous n’avons rien trouvé à Blois. Nous avons élargi le cercle et sommes venus visiter une petite maison à Veuves. J’ai eu l’impression que nous n’avions pas vu la même maison, Martine et moi. Mon naturel imaginatif m’a fait voir tout de suite ce que nous pouvions en faire. Martine avec son profond bon sens n’était pas enthousiaste. Nous sommes revenus quand même pour une nouvelle visite dans l’après-midi. Et là, elle m’a donné une grande preuve d’amour en me disant : « Je te fais confiance »

Veuves, la Loire, Millière Raboton

« Très curieux de notre environnement, nous sommes partis à la découverte de notre nouveau port d’attache. Nous baladant sur la rive de Loire, nous avons aperçu les toues. Entre différentes sources d’intérêt, j’aime beaucoup les bateaux et la marine… Sur un coup de téléphone, nous sommes partis un matin pour une petite balade à 3 bateaux. Sur notre toue, notre guide-pilote fut Jean-Claude Pilleboue. Puis, j’ai rencontré Jean Ley qui m’a offert une autre balade et c’était parti : adhésion à l’association, réunions à Onzain dans le local à bateaux, lecture de L’Infante (Françoise Benassis/éditions Gallimard) en décembre 2004, dans ta salle de classe…  Avec Jean j’ai découvert un nouveau monde et un nouveau centre d’intérêt pour satisfaire ma fringale de découverte ! »

© collection particulière

Embarqué

« Jean m’a parlé des possibilités de passer le permis bateau et d’obtenir l’attestation passagers. C’est ainsi que je suis devenu pilote bénévole Millière Raboton. Jean m’a fait confiance tout de suite et n’a pas tardé à me donner des preuves d’amitié. Je me souviens d’un coup de téléphone impromptu alors qu’il partait en balade avec un journaliste chargé d’écrire un article sur Millière Raboton et la Loire pour le compte de la revue Ulysse de l’UNESCO. C’était à la bonne franquette : « On part pour une balade, on passe te prendre à seize heures à Veuves au passage ». Je garde un magnifique souvenir d’une soirée de dégustation de poissons sur une ile sauvage. Et quel bonheur de piloter un bateau la nuit… c’est une vibration inouïe ! Jean était un excellent pédagogue qui faisait sentir et apprécier les sensations du bateau. Le voir piloter, l’entendre parler de pilotage ou de la Loire s’avéraient plus important que de potasser les livres de navigation. C’était très riche. »

En bateau avec Jean

« On s’installait d’emblée dans la confiance. Il était là, on était tranquille. Il ne prenait pas la barre des mains du pilote novice. Faire une erreur n’était pas un problème par contre, il fallait savoir s’en sortir. Avec lui à bord, on vivait un phénomène exceptionnel d’osmose barque -Loire. Il gagnait à être connu. Il ne fallait pas s’arrêter sur une mauvaise impression, il pouvait être blessant en réunion, injuste et cassant. Tout se dissolvait plus tard quand nous dégustions des filets d’alose en Loire, l’harmonie était telle qu’on aurait pu croire au miracle… »

Conception-Rédaction Françoise Benassis
Direction artistique Adèle Gagnier