Blog-sur-Loire

Mars 2020

• Parole de Millière !
Édito : Agnès Legout-Catelain, Présidente de Millière Raboton

Quoi d’9 dans les travaux d’aiguille ?
L’atelier éphémère millière raboton

 Quoi d’9 rive gauche ?
Opération Loire Propre

Quoi d’9 rive droite ?
La boire de Veuves

Ceux d’Loire
Robert Charles Mann – L’Ami américain

 

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Parole de Millière !

Agnès Legout-Catelain
Présidente de Millière Raboton

1993. La Loire à Chaumont ©Robert Charles Mann

Nous y sommes presque… la haute saison, en préparation et en cogitation, fait l’objet de toute les attentions millière raboton. Thomas, guide-pilote saisonnier, fidèle au poste, a repris du service, ce mois-ci, pour, aux côtés de Aurélien et de Stéphane, armer les bateaux, vérifier les équipements, et mettre tout en place pour un démarrage « au point », dès que le beau temps pointe son nez !

Sur un autre plan, une réflexion est menée, en interne, sur le devenir de notre activité et…de notre association. En effet, l’association millière raboton, s’est créée, autour de Jean Ley et de son projet original de balades en Loire, en 2001. Nous voici donc parvenus à un âge « historique » : 20 ans.

C’est l’opportunité de décider d’un nouveau cap en nous appuyant, naturellement, sur l’expérience engrangée – côté activité et associatif (ce dernier, davantage présent ces dernières années) – et en continuant de privilégier la qualité des balades, la pertinence des soirées à thème et notre présence au port de Chaumont.

On rebrasse les cartes certes, mais surtout, on mise sur des initiatives visant à susciter des vocations de bénévolat, en particulier chez les jeunes. Car, l’heure est à la passation pour assurer la pérennité de millière raboton. En effet, nous avançons en âge et, malgré notre ardeur à continuer de faire vivre filière raboton, la relève devient plus que nécessaire.
J’ai le plaisir de rappeler, aux adhérents, de marquer sur leurs agendas, la date de la sortie pilotée par Loir-et-Cher Nature : le 16 mai prochain (si la pandémie le permet). Encore toutes nos excuses à La Ligue de Protection des Oiseaux, présentée, à tort, comme accompagnatrice de cette sortie, dans la 1ère édition du Blog de février.
Haute saison, préparation et mise en place d’un nouvel horizon millière raboton, nous avons du pain sur la planche et nous avons, déjà, retroussé nos manches !

À bientôt sur l’eau !

Quoi d’9 dans les travaux d’aiguille ?

L’atelier de couture éphémère millière raboton

Rien ne vaut l’œil d’un professionnel
Nommons d’abord les cousettes volontaires et pleines d’énergie – Alexandra, Aurélien, Fabien, Loukaman, Stéphane – tous présents dans la salle de la mairie de Chaumont-sur-Loire, au matin du samedi 14 février dernier. Manière originale de fêter la St-Valentin, en réparant les anicroches repérées sur les voiles de millière raboton, voiles presque immaculées au sortir du pressing. Stéphane a acheté une machine à coudre professionnelle, en vue de se lancer dans la haute couture*, auprès de Loukaman (ancien chef d’entreprise, en maroquinerie de haut de gamme, en Syrie, arrivé en France, il y a 5 ans avec sa femme et ses 3 enfants). Sa présence aux côtés des néophytes, mais débrouillards, qui constituaient l’atelier éphémère a été très précieuse. Il a pu faire bénéficier les cousettes de son expérience et de son savoir-faire, en termes de couture et d’utilisation de l’outil, et de plus, suggérer toutes les petites subtilités et astuces qui font gagner du temps.

Bénéfices de l’aventure
Alexandra, passionnée de couture se propose désormais de confectionner des sacs polochons destinés à transporter nos chaises, lors des prestations. Fabien, intermittent du spectacle vivant, passionné d’autonomie dans l’exercice de sa passion, (soudures, électricité, conception de décors et couture…), est venu glaner de quoi renforcer ses savoirs faire. Au-delà du coup de main, dont nous remercions vivement tous les participants, les cousettes ont pu engranger de nouvelles pratiques très utiles. Daniel Lenoir, pêcheur, homme de Loire et du port, nous a rendu visite pour soutenir, vaillamment, le moral des troupes.

*Peut-être est-ce une fake news…

© Stéphane Doussard

Quoi d’9 sur la rive gauche ?

Opération Loire Propre :
En cette matinée du 7 mars, une cinquantaine de valeureuses personnes sont parties à la chasse aux déchets et détritus de toutes sortes qui polluent, avec un sans gêne inqualifiable, Dame Loire ! Cette année, peu d’objets encombrants, sauf, comme chaque année – cela ressemble à une fatalité – un poste de TV ! La matinée s’est achevée sur un apéro partagé, bien mérité ! La Nouvelle République ne pouvait pas laisser passer pareil événement.

© Gérard Schmitt

Quoi d’9 rive droite ?

La boire de Veuves s’est creusée à nouveau. L’entrée d’eau se situe au niveau de l’église et la sortie à hauteur du radar (sortie de Veuves vers Amboise). Elle contient quelques trésors que les pêcheurs sont allés taquiner : d’énormes carpes (l’une pesait 21kg) et des silures. Un silure albinos a été pêché avant d’être remis à l’eau.

© Gérard Schmitt

Ceux d’Loire 

Robert Charles Mann
L’Ami américain

C’est une grande et belle maison de maître, à la façade de pierres, qui se dresse, fièrement, face au port de Chaumont-sur-Loire. La porte s’ouvre. Une haute silhouette se détache à contrejour, chapeau vissé sur la tête. Il est tel que l’on imagine, l’ami américain – accueillant, direct, vif – prodigue de gestes et de paroles. Robert Charles Mann n’a de cesse d’aller et venir de la cuisine à la grande salle pour faire un café, tout en parlant avec une agréable volubilité et s’excusant de sa pratique du français. L’ami américain, excellent maître de maison, sait jongler entre élégance et décontraction. D’emblée, on est à l’aise et l’on regrette de s’être installée face aux fenêtres qui donnent sur la Loire : on continuera de le découvrir, à contrejour, mais toujours chapeau vissé sur la tête !

2019 – Robert Charles Mann

1990 : 1ère arrivée à Chaumont-sur-Loire

Robert Charles Mann découvre Chaumont, par hasard, piloté par un ami qui vit à Pontlevoy. Sa première venue en Loir-et-Cher, survient dans un cadre professionnel, photographe reconnu, il est missionné par le magazine ELLE, pour réaliser un reportage photos sur la personne d’un descendant du Marquis de Sade. Robert Charles Mann, en bon ami américain, va jusqu’à effectuer deux allers-retours pour prêter main forte au déménagement de son ami de Pontlevoy.

Toue et château de Chaumont © Robert Charles Mann

1990 : achat de la maison de Chaumont-sur-Loire

Il se trouve que, Robert Charles Mann et son épouse, Tracey, originaire du Royaume-Uni, recherchaient, depuis 2 mois, et dans l’idéal, une petite maison bien en ruine pour la retaper à leur idée. Ils habitaient Paris depuis 1988, avec leur fille unique, et rêvaient d’un pied à terre, à la campagne. Côté presque ruine, la maison correspondait à leur cahier des charges. Par contre, une maison aussi énorme, débordait complètement du cadre de la petite villégiature. De plus, la 1ère fois qu’ils pénètrent dans la maison, c’est un jour pluvieux d’octobre, avec un ciel très bas sur la Loire, la cuisine est dans un état horrible, avec une petite porte, une petite fenêtre… une sorte de trou à rats. Pourtant, allez-y voir, ils ont le coup de foudre, ils l’achètent, puis relèvent les manches, chaque week end, pendant des années, pour en faire une formidable maison où il fait bon vivre. Depuis 7 ans, c’est devenu leur résidence principale.

2020. Tracey et Robert © Robert Charles Mann

L’Art de vivre à la française

« Quand ma fille est née en 1986, avec Tracey, nous nous sommes installés à Los Angeles. Puis, en décembre 1988, nous avons atterri à Paris, pour ne plus quitter la France. Pour moi, ici, c’est une vie tellement agréable… il y a une énorme différence avec le quotidien américain…Ici, c’est fréquenter les cafés, marcher, vivre sans voiture, la vie française m’a convenu tout de suite ! Chaque fois que je rentre aux États Unis, je commence par me relaxer puis, très vite, la vie à la française me manque… Et pourtant, j’aime bien retourner travailler à Los Angeles mais, il me tarde quand même de rentrer… Mes 2 petits fils vivent à Paris (5 ans et 1an et demi) avec leur papa et leur maman, qui enseigne l’anglais dans une école bilingue Montessori. Je suis très fier de mes petits-fils qui parlent français, anglais, espagnol… »

Charlotte Mann. sténopé. Série Fenêtres. © Robert Charles Mann

2 métiers, 2 passions

Robert Charles Mann intervient sur 2 champs professionnels, peut-être complémentaires, à l’occasion, cependant dans des spécialités bien différentes : photographe et compositeur de musique pour le cinéma. Il est vrai qu’habituée à la douce pénombre, j’ai aperçu, adossée à un angle de murs, une drôle de boîte en bois, fixée sur une perche. Au premier coup d’œil, cela semble un objet de musée qui remonte aux premiers temps de la photographie. Un peu, ce qu’est la grotte Chauvet à la Préhistoire… L’explication technique est donnée en 2 temps, 3 mouvements, comme s’il s’agissait d’une démarche banale. Je fais face à un appareil photographique à sténopé. La boîte exhibe une fente étroite pour laisser pénétrer la lumière. Sur la paroi intérieure opposée à cette fente, on dispose un support de type papier photographique. Une image inversée de ce qui traverse la fente, vient s’inscrire sur le papier. À l’évidence, l’opération prend du temps : l’impression sur la surface photosensible nécessite beaucoup d’attente pour sa concrétisation (minutes, heures, jours). Qu’y a-t-il de si extraordinaire à pratiquer cette technique dans la 1ère moitié du 21ème siècle ? Dans cette simple boîte en bois, dotée d’un vulgaire papier photosensible, la profondeur de champ peut se révéler… infinie… Robert Charles Mann va mettre en œuvre cette potentialité en artiste créateur.

Captation cosmique

Il me revient en mémoire que j’ai vu, il y a quelques années, cette sorte de boîte, fixée, avec du scotch, sur un poteau. À l’issue d’une visite du Festival des Jardins. Je redescendais, à pied, vers le village, cette vision insolite m’a arrêtée. La lecture du cartel explicatif m’a laissée dubitative. J’ai dû penser quelque chose comme : encore un doux illuminé… La remarque a quelque chose de stupide mais elle n’est pas fausse dans le fond : il s’agit de lumière après tout ! De fait, la boîte en question a eu droit à une résidence de 6 mois au Château de Chaumont : du solstice d’hiver (21 décembre 2017) au solstice d’été (21 juin 2018). Dans le cadre d’une visite à la Galerie Capazza de Nancay, où les œuvres de Robert Charles Mann sont accrochées en permanence, il confiait à Gilles Kraemer, pour Le Curieux des Arts « J’ai laissé faire la nature, n’y ajoutant rien, le temps et la lumière sont l’histoire de la photographie ». Gilles Kraemer précise : « Peu à peu, le papier noir et blanc, impressionné en continu, est devenu couleurs. Scanné, ce négatif devient La Trace ultime de la captation de cette image d’un semestre. Magique ! »

orchidée.sténopé. © Robert Charles Mann

Un Ami américain peut en cacher un autre

Robert Charles Mann a lié amitié, depuis 12 ans, avec l’acteur Brad Pitt.
Durant ces derniers 6 mois, il a installé dans chacun des 3 domaines de l’acteur (Los Angeles, côte Ouest et le Château Miraval, près d’Aix-en-Provence) 4/5 sténopé(s)… pour une captation graphique (temps d’exposition 6 mois) des ellipses des mouvements solaires au-dessus des terres dont il est propriétaire. Normal qu’une star, habituée à vivre sous les sunlights, veuille, passionnément, capter la plus belle lumière qui soit, celle du le soleil !

Photographie de reportage et Développeur professionnel

« J’assure régulièrement des missions de photographe de reportage. En parallèle, comme la technique du sténopé me passionne, je fabrique des boîtes, avec un trou d’1mm, pour de longues, voire très longues, pauses (de 10’ à 2h, à 6 mois…) J’effectue, également, des tirages pour d’autres photographes à partir de l’impression sur la feuille de papier photo noir et blanc, pour réaliser des tirages couleur. Je suis devenu spécialiste en ce domaine. »

Étang de Sudais.sténopé. © Robert Charles Mann

Compositeur de musique de film
« Je suis l’un des 4 musiciens à avoir œuvré pour la musique du dernier film de Brad Pitt, Ad Astra (traduction du latin : Vers les étoiles), un travail qui m’a enthousiasmé. Un autre exemple de collaboration musicale : pour le film Espion(s) de Nicolas Saada avec Guillaume Canet, sorti en 2009.»

Créature aquatique
« J’ai grandi sur l’eau, dans l’état de Wisconsin… Je suis né là, près d’un lac, le bateau est une part de ma vie… Mon père était passionné de voile ; mon frère, fasciné par la vitesse qu’il s’agisse de voiture ou de bateaux… J’ai la connexion pour les bateaux … J’ai piloté une péniche en Angleterre en faisant un grand tour sur les canaux. C’est complexe de naviguer avec une péniche, il faut tout le temps, anticiper… Imaginez le bonheur que c’est, chaque matin, quand je suis à Chaumont, j’ouvre mes volets et je fais face à la Loire. Quels que soient le temps et la lumière, j’ai une vraie connexion avec le fleuve ! »

Connexion avec millière raboton
« J’ai bien connu Jean Ley. Il est arrivé sur le port en 2001. J’ai tout de suite parlé avec lui. Il connaissait toute l’histoire des bateaux, de leur construction. Quel conteur ! J’ai de bons souvenirs de nos échanges. J’ai eu un grand choc à sa mort. Quand il y a une balade avec des anglophones, Aurélien ou Steph, me proposent de les accompagner. Me voilà interprète bénévole… ça me plaît car je suis passionné par la nature et heureux dès que je mets le pied sur un bateau. La plupart du temps, c’est la 1ère fois que les passagers se trouvent embarqués sur la Loire, ils sont fascinés… Alors quand Steph organise le pique-nique sur une île et grille des poissons sur le feu de bois… le moment est prodigieux ! Les personnes anglophones ou non, sont toutes émerveillées par ces balades en bateaux traditionnels… »

Un regret et une chance
« Je voudrais bien voter mais je suis américain. Pour voter, les Français ne reconnaissent pas le passeport américain alors qu’on accepte le passeport européen. Alors, c’est décidé, j’ai envie de devenir citoyen français, en mémoire aussi de mon père, qui a participé au Débarquement de juin 1944. Il est resté 6 mois à Fontainebleau. Il a lutté pour la France. »

Sur la rive de Loire ou à bord d’une toue millière raboton, il y a toujours une chance de croiser notre Ami américain !

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