Blog-sur-Loire

Novembre 2020

Parole de Millière !
Agnès Legout-Catelain
Présidente de millière raboton

Balade privatisée pour l’agence Behandi
Une balade qui fait réfléchir…

AG millière raboton
Validation des comptes et élections reportées

Chers auditeurs, bonjour !
Stéf au micro de radio France Bleu Touraine

Balades privatisées très prisées
Réflexe spontané de groupes de travail, familial, amical…

Balade pédagogique… si loin de Blois !
Valorisation du patrimoine immatériel

Des travaux obligés
Expertise et ingéniosité

Petite chronique
La vie millière raboton

Les « pattes » arachnéennes…
L’atelier de maître Stéf

Quand Marion prenait le bac pour Écures…

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Parole de Millière !

Agnès Legout-Catelain
Présidente de Millière Raboton

Nous revoilà confinés ce qui signifie pour nous, plus aucune balade, et zéro recette. Novembre n’est pas le mois le plus propice à la balade en bateau mais avec une météo favorable nous aurions pu sortir.

Nous avons cependant clairement conscience que bien d’autres activités vont terriblement souffrir et que, le dilemme entre sauver des vies humaines et préserver l’économie, est ardu à résoudre.

Les tâches dévolues à nos 2 guides-pilotes restent bien sûr l’entretien et la veille de la flotte, les réponses aux sollicitations par mail et téléphone mais ils sont tout de même, déjà, en activité réduite.

Alors nous n’allons pas gémir mais continuer l’aventure en imaginant des offres de balades diversifiées autour de la flore, la faune, l’histoire, la musique, le chant, la lecture, en mêlant les thèmes pourquoi pas, s’il vous vient des idées comme des jeux pour les jeunes et moins jeunes – chasse au trésor ou autre – merci de nous les confier.

Notre terrain de jeu que constituent la Loire au pied du château de Chaumont et son environnement si magnifique, va retrouver un intermède de paix dont faune et flore nous serons reconnaissants et peut-être aussi déroutés…

Durant tout ce mois de confinement nous allons vous permettre de vous évader quelque peu par le récit hebdomadaire de chacun de nos guides-pilotes. Ils vous conteront quelques balades vécues en osmose particulière avec les passagers et la nature, de quoi raviver l’envie d’évasion à n’importe quelle saison et pour des moments précieux de partage.

A bientôt sur l’eau.

©Stéphane Doussard

Balade privatisée pour l’agence Behandi

Une balade qui fait réfléchir…

L’agence de voyages Behandi, dédie ses activités aux personnes en situation de handicap. Elle propose des séjours longs, en binôme : une personne handicapée/un accompagnateur. Le 8 octobre, nous avons accueilli à bord une personne en fauteuil et son accompagnateur, pour une balade-découvertes. Après avoir visité le Clos-Lucé, Chambord, le château de Chaumont, l’idée a été d’embarquer en Loire. La remontée de Veuves jusqu’aux abords de l’île de la Folie, s’est effectuée à la voile pour le plus grand plaisir de nos passagers. Cette balade particulière porte à la réflexion sur l’accueil à bord des personnes en fauteuil : prévoir un ponton ? une rampe ? ; repenser l’équipement pour les prochains bateaux, afin qu’ils puissent supporter un fauteuil électrique (assez lourd) ; imaginer un tau dépliable pour abriter du mauvais temps…

©Stéphane Doussard

AG millière raboton

Validation des comptes assurée et élections reportées

L’assemblée générale du samedi 10 octobre n’a pas réuni le quorum nécessaire, soit la moitié + 1 des membres à jour de leur cotisation durant l’année d’exercice (1er avril 2019-31 mars 2020). Il y avait alors obligation de convoquer une seconde assemblée, à quinze jours d’écart, sans exigence de quorum, ainsi que prévu par nos statuts. Compte tenu de la pandémie, il a été envisagé d’envoyer, par mail (ou par courrier), à chaque adhérent, les documents à valider par vote postal, et de proposer au vote, la reconduite du conseil d’administration jusqu’à la prochaine AG, avec la validation de la participation au CA (sans droit de vote) de Anita Lopez qui s’est portée candidate au renouvellement des administrateurs. Les rapports moral et d’activité, les compte de résultat, bilan, budget prévisionnel, sont adoptés. La reconduite du CA, en l’état, et la présence de Anita Lopez aux réunions du CA, sont également entérinées.

Chers auditeurs, bonjour !

Stéf au micro de radio France Bleu Touraine

Le 11 octobre, à 7h50, Stéf avait 3 minutes pour présenter millière raboton, aux auditeurs. L’exercice est pointu. Dire que l’on peut partir en balade toute l’année, il suffit de téléphoner. Redire que chaque balade est unique par les lumières de Loire qui l’éclairent et les rencontres avec les habitants du fleuve : castors, oiseaux migrateurs ou non, cygnes, canards… Ajouter encore que nous prenons le temps d’observer, de nous laisser glisser au fil de l’eau, et tout simplement, nous sommes heureux de partager ce temps de Loire hors du temps qui court…Juste un coup d’œil au fringant équipage millière raboton : de gauche à droite Thomas, Stéphane et Paul.

Balades privatisées très prisées

Réflexe spontané de groupes de travail, familial, amical…

Après une saison difficile à gérer pour cause de pandémie, le 14 octobre, 14 chefs d’établissements de La Poste, ont choisi de se retrouver sur la Loire pour une balade-découvertes de 1h30. Dépaysement garanti et agréable détente tout au long de ce retour à la fabuleuse nature ligérienne. Le dimanche 18 octobre, c’est un groupe familial qui a pris le bateau à l’aube pour assister au lever du soleil, une brume dense et cotonneuse empêchait toute visibilité, et pourtant l’extraordinaire a été le réveil et l’envol d’oiseaux tout près de la toue et le majestueux départ d’un cygne capté par Aude Bigot qui se trouvait à bord… Le 20 octobre, un couple propriétaire d’un éco-lodge dans le Cantal, prospectait les viticulteurs de la région, quand la vue de la flotte millière raboton, leur a sussuré d’embarquer au plus vite. Ils n’étaient que 2 – nous déclenchons une balade à partir de 5 participants – qu’à cela ne tienne, l’envie se fit impérieuse au point de privatiser un bateau pour 2 ! Le vendredi 23, c’est un groupe de 7 personnes qui fêtait l’enterrement de vie de jeune fille d’une 8ème participante, au cours d’une balade pique-nique.

©Stéphane Doussard

©Aude Bigot

Balade pédagogique… si loin de Blois !

Valorisation du patrimoine immatériel

Le Centre culturel La Maison de Bégon, de Blois, sur le thème, Valorisation du patrimoine immatériel, a choisi la Loire. Lundi 19 octobre, 2 toues millière raboton ont accueilli à bord un groupe de préados et ados (11/14ans) pour une balade de 4 heures avec pique-nique. « Ils avaient du pep’s à revendre » raconte Stéf. Le but de la balade était bien défini : observer, appréhender l’environnement, prendre des notes sur un carnet… puis échanger pendant une quarantaine de minutes avec les guides-pilotes. Les questions ont été posées dans un grand calme – influence de la Loire oblige… – quand soudain, une remarque a fusé tant le dépaysement était grand : « On est loin de Blois ? » Le pique-nique a eu lieu sur le bord de la Boire de Rilly. Les jeunes étaient ravis de leur périple.

Des travaux obligés

Expertise et ingéniosité

La première quinzaine d’octobre a été consacrée aux vérifications et réparations à prodiguer sur les toues pour les soumettre à l’expertise, obligatoire, qui conditionne les autorisations de naviguer. Tous les bateaux navigants millière raboton ont été validés le 22 octobre et déclarés aptes à la navigation. D’autre part, notre saisonnier Thomas a installé des panneaux solaires sur les bateaux pour alimenter les pompes de cale.

Petite chronique

La vie millière raboton

Quelques instantanés comme on les aime à millière raboton. À remarquer le style très personnel de Claude à la barre ! Hélios, le chien Beauceron de Paul, a choisi son camp : la sécurité-enfant ! Et, de temps en temps, sur la rive, une voile solitaire sèche…

©Stéphane Doussard

Les « pattes » arachnéennes…

L’atelier de maître Stéf

Maître Stéf a créé « son atelier » sur les rives de Loire et les artistes-araignées s’adonnent à leur folle créativité. La toile qui se détache sur fond rose, a eu son quart d’heure de gloire alors qu’à l’aube, montait à l’horizon, le roi-soleil ! De petites splendeurs à dénicher pour les tirer de leur trop modeste incognito !

©Stéphane Doussard

Quand Marion prenait le bac pour Écures…*

©Robert Charles Mann

Vous vous souvenez de l’année 1855 ? C’est cette année-là que Marion, jeune fille astucieuse, s’est mis en tête d’aller, toute seule comme une grande, à la fête à Écures, sur la rive droite de la Loire. Elle a prétexté un gros mensonge auprès de ses parents, impossible à répéter ici, car il peut toujours resservir. Elle a de la chance, elle habite le village de St-Martin, et c’est à cet endroit, pile poil en face d’Écures, qu’on prend le bac.

En principe, le bateau du passeur devrait s’y trouver près de sa cabane. Sauf que, la dernière fois qu’elle l’a pris pour Écures afin de se rendre, cette fois-ci avec ses parents à un mariage, il a fallu marcher au moins 700 mètres plus loin, c’est son père, tonnelier de son état et qui a le compas dans l’œil pour les mesures, qui l’a dit. Comme Marion et sa mère maugréaient un peu en relevant leurs jupes, son père a expliqué que peut-être au passage précédent, le courant avait été trop fort, ou le vent contraire… et que le passeur jette l’ancre là où il le peut.

Marion craint pour ses nouvelles chaussures, s’il faut marcher longtemps dans l’herbe ou sur le sable. Pour le quart d’heure, elle emprunte une cale pavée pour descendre jusqu’au fleuve. Elle craint les encombrements, car parfois, c’est à se demander si la cale, pourtant large – 1,50 m, à ce qu’il paraît – est faite pour simplifier l’accès des passagers au bateau ou pour que montent à bord vaches, chevaux, et même attelage… Une véritable ruée !

Heureusement, ce dimanche de printemps, les animaux sont au pré et la Loire est encore assez haute. Heureusement, car en période de basses eaux, il est possible de marcher un long moment pour atteindre la barque accostée directement sur la berge, très loin. Même qu’une fois, elle se souvient du passeur qui tempêtait d’avoir dû aborder si loin de sa cabane. Il lui fallait ramener son bateau à la bourde ou en le tirant sur le chemin de halage pour atteindre son point de départ. Être passeur n’est pas de tout repos, traverser en bac, non plus, se dit-elle !

Marion espère qu’aujourd’hui le passeur attend rive gauche, côté St-Martin, autrement il va falloir s’époumoner à l’appeler pour qu’il entende de la berge d’Écures ou se fatiguer à faire de grands gestes pour qu’il comprenne qu’il doit venir chercher des passagers et, quand on est une jeune fille bien élevée, on ne se donne pas ainsi en spectacle. Miracle de printemps, le bateau est amarré près de la cabane, le passeur est de bonne humeur et il reste des places sur les planches où on peut s’asseoir et, de plus, elles sont propres.

C’est normal la propreté, c’est même dans le règlement : « Le fermier fera balayer les ports et les cales lors des crues d’eau et tenir propres en tout temps, les abords des bacs et bateaux. Il garnira les bacs et bateaux de planches pour sièges de manière que les passagers y soient avec propreté et sûreté et tiendra toujours les bateaux vides d’eau. Les bacs et bateaux au moment de l’embarquement et du débarquement seront amarrés de manière à éviter les accidents que le recul pourrait occasionner »

Pourtant, tout n’est pas joué. Il y a des chances, en ce dimanche, pour que la traversée soit agréable et que Marion puisse laisser filer sa petite main dans l’eau, mais sur l’autre rive, si pour une raison de navigation qui échappe à un si joli brin de fille, on peut se retrouver jusqu’à 1 km d’Écures, c’est le Papa tonnelier, qui avait prévenu lors du passage pour se rendre au mariage. Aujourd’hui, l’élégante – sa tenue sort de l’atelier de couture de sa mère – ne voudrait pas y laisser et souliers et jolis bas pendant qu’on y est ! Vous avez deviné, Marion a une idée fixe en tête et c’est important pour elle, de se sentir sans reproche du chapeau à la plante des pieds.

Alors peut-être que tout n’est pas perdu, et que Marion arrivera saine et sauve, et tout aussi impeccable, sur la rive d’en face, à Écures et qu’elle…

À bientôt pour d’autres aventures sur les bacs de Loire, du XIXème siècle à nos jours…

*Ce texte s’inspire directement du travail de recherche de Gérard Steinmetz que je remercie ici pour la générosité de son partage. Françoise Benassis.