Blog-sur-Loire

Chaque mois, envolez-vous en lisant la rubrique de Françoise Benassis

Septembre 2022

Parole de millière !
Agnès Legout-Catelain
Présidente de millière raboton, homme de loire

4 septembre 2022
Mazette quel ciel d’orage !

Août 2022
Le coup d’œil expert de Stéf

Les grands moments de l’été 2022
Le cirque dans la nature
Airs de Loire & Harpémo
Des Vins et des Voiles

Portrait de saison !
Guide-Pilote été 2022
Maxime Chailleux

Parole de millière !

Agnès Legout-Catelain
Présidente de millière raboton, homme de loire

La rentrée scolaire marque la fin de la saison estivale alors que nous conservons une météo chaude et radieuse…

Pourquoi s’attarder sur cette question de la météo ?  C’est qu’en raison de ses pics de chaleur, nous avons dû adapter le départ des balades plutôt le matin et le soir ; de plus, le niveau du fleuve n’a jamais été aussi bas depuis plus de 30 ans, inutile de souligner à quel point, c’est une première pour nous.

Nos guides-pilotes démontrent chaque jour, leur immense talent à naviguer malgré tout dans des conditions difficiles tant pour les organismes, que l’environnement et bien sûr les bateaux.

Nous leur sommes extrêmement reconnaissants de cette implication sans faille, et les passagers aussi si l’on s’en rapporte aux nombreux témoignages élogieux recueillis.

Notre lieu d’accueil a rempli son rôle de halte bienvenue sur le parcours de la Loire à vélo,  notamment mais pas seulement, il anime cette berge lieu de passage en balade familiale, amicale ou pour promener nos compagnons canins, moments de détente et de contemplation d’un endroit encore préservé et qui ouvre des horizons de rêves.

Bravo à Anita dont la mission a été de renseigner et d’accueillir les passagers durant juillet et août avec patience et efficacité depuis notre toue-cabanée qui plait tant à nos visiteurs.

Septembre est propice à l’accueil de nombreux passagers, heureux de profiter d’un peu moins d’intensité dans les lieux touristiques, afin de savourer à son juste tempo, le temps de Loire…

Bienvenue à bord des toues millière raboton, homme de loire, qui voguent en se déjouant des basses eaux qui finiront bien, c’est la loi des saisons, par se regonfler…

A bientôt sur l’eau.

 

4 septembre 2022

Mazette quel ciel d’orage !

Ce mois de septembre comptait 4 jours, il fallait frapper un grand coup pour fêter dignement l’anniversaire de la création de la IIIème République en 1870 ! Et voilà, en veux-tu en voilà : des mystères de bleus inouïs, une palette à la patte fauve, sous les yeux de notre dénicheur de merveilles, Stéphane Doussard, guide-pilote coordinateur, millière raboton, homme de loire. Ouvrez grand les yeux, Chaumont-sur-Loire donne un coup de baguette magique à ses mille et une nuits !

© Stéphane Doussard

Août 2022

Le coup d’œil expert de Stéf

Le mois d’août 2022 bat des records : chaleur tropicale et baisse drastique des eaux rendent la navigation plus difficile et imposent aux guides-pilotes de redoubler de concentration pendant la traversée des épisodes caniculaires.

Par temps d’excessives chaleurs, les bateaux souffrent, le bois travaille. Chaque année, nous refaisons le calfatage soit en début soit en fin de saison, cette année, nous sommes intervenus en cours d’été. 

© collection particulière

Variations de flux

La fréquentation des bateaux est partie sur les chapeaux de roue dès avril, de fait la période de très haute fréquentation a couru, cette année, de mi-avril à fin juillet. Et s’il y a eu beaucoup de monde en août, contrairement à l’habitude, nous n’avons pas enregistré de pics et les dimanches ont été plutôt calmes. Il faut dire également, que les titres de presse ou de journaux télévisés, sonnaient le tocsin sur la Loire devenue fleuve de sable… Cela n’a pas arrêté les «locaux» qui reviennent sur nos bateaux toujours en plus grand nombre, pour faire découvrir la Loire à leurs familles ou à leurs amis. Et puis, la chaleur caniculaire nous a contraints, par mesure de sécurité, à ne pas programmer de balades entre 14 et 17h. 

Quelques diffractions

Une remarque au niveau des passagers, il apparaît qu’une grande inquiétude se répand quant à l’avenir des ressources en eau et les perspectives d’avenir en général. Il est vrai, que nous sortons de 2 années de pandémie. Un autre aspect qui nous tient à cœur : Stéf insiste sur le fait que millière raboton, homme de loire, est une association loi 1901, et non une société à but lucratif, ce qui implique une ligne de développement éthique, une démarche environnementale responsable, une recherche du meilleur à partager sur l’eau et sur la rive, une ouverture à l’autre, une certaine idée du temps de Loire… Stéf s’affirme très fier d’être le guide-pilote coordinateur d’une super bonne équipe, celle que forment Johanna, Jérémie, Bastien, Maxime (saisonniers 2022) et Paul (guide- pilote permanent) : Nous avons bien vécu ensemble cette saison estivale et nous la vivrons de même jusqu’à fin septembre ! Un autre repère important : la mesure de notre attractivité sur les réseaux sociaux, du 1er avril au 1er septembre 2022, 36752 personnes sont venues en balade sur notre site ! 

Les grands moments de l’été

Le cirque dans la nature – Airs de Loire & Harpémo – Des Vins et des Voiles

Chaque date est mémorable par la poésie, l’inattendu du moment, la beauté du coucher de soleil, et les talents qui s’expriment…

Le cirque dans la nature
La dernière séquence dans l’eau du cirque dans la nature, avec sa chorégraphie et ses percussions, ont laissé une empreinte de magie qui remonte aux sources… Un fort sentiment primitif ! Ce soir-là, le retour à la nuit tombée a lui aussi, dispensé un beau spectacle bien chorégraphié sur l’instant : le bateau le plus ancien, Boire courant, piloté par Johanna, menait la flotte au complet, alors que le bateau le plus récent Gueule de Bois fermait le ban ! Cet aspect chorégraphique tient à cœur à nos guides-pilotes et l’idée a germé dans la tête de Stéf de développer les ballets de toues sur l’eau …

© Françoise Benassis

Airs de Loire & Harpémo
Les voix et les sons émeuvent la surface des eaux. L’osmose s’éprend d’harmonie. De chant ou de diction, les timbres s’enrichissent de la finesse et de la paix ligériennes. Haut degré de musicalité chantée et dite.

 

© Françoise Benassis

Des Vins et des Voiles
Une tentative couronnée de succès : le plaisir de trinquer à bord des toues.
C’est nouveau et ça plaît beaucoup ! À suivre…

© Françoise Benassis

Maxime Chailleux

Douceur et détermination

© Collection particulière

De prime abord, c’est la douceur du regard et la discrétion du timbre de voix qui captent l’attention. Pour autant, la présence s’impose et prend toute sa place, dès que le dialogue s’établit. Maxime Chailleux est un être de for intérieur et c’est perméable tout de suite. Alors, il faut laisser vagabonder la conversation, tout en plantant les balises de sa jeune vie…

Blaisois pur sucre
« Je suis né en 1990, à Blois, j’ai grandi à Bas-Rivière à quelques 300 m de la Loire, sur les lieux de son ancien lit. C’était une zone de cultures maraîchères.
J’ai suivi une filière scolaire dans l’enseignement privé catholique : École St-Charles, Collège St-Charles, Lycée Notre-Dame des Aydes. Je n’ai pas trouvé ma place dans cet enseignement. J’ai eu, un temps, le goût de l’histoire car j’avais un très bon prof. J’étais surtout doué en dessin. J’ai quitté la filière générale à 16 ans pour me lancer dans un BEP, puis un Bac Pro-Ventes-Commerce, où j’ai appris, à ma consternation, comment vendre des lunettes à un aveugle. De fait, c’était la filière artistique qui m’attirait à cause de mon goût et mes dons pour le dessin, mais pour entrer dans cette filière, il fallait un Bac général. Et j’ai été orienté vers un Bac Pro ! » 

Bac pro, Oléron et ses marchés
« Les années de Première et de Terminale ont été pénibles, je n’étais pas en accord avec mes études, et de plus, j’en avais ras le bol de Blois ! Pendant 3 saisons, j’ai fait les marchés sur l’île d’Oléron. Je vendais des fruits et légumes et cela m’a permis de retrouver une relation plus juste avec les gens. Pourquoi l’île d’Oléron ? C’était le lieu des vacances familiales. Ma mère louait un terrain où nous campions. C’était en quelque sorte, notre pied-à-terre. Ma sœur travaillait sur les marchés. Elle avait un excellent patron qui faisait primeur et
fonctionnait en circuit court : ses parents étaient maraichers. Les horaires 5h du matin-15h, se sont révélés rapidement contraignants mais j’avais un super contact avec mon patron qui m’a fait confiance en m’envoyant tout seul, gérer un stand sur un marché. Certes, je ne ferais pas ça toute ma vie mais, momentanément, j’ai beaucoup apprécié ce mode de vie. »

L’Académie des Projets de Vie
« J’étais en recherche de travail ? Un travail pour vivre certes, cependant je souhaitais être animé par ce que je faisais…Lors d’une conférence, j’ai rencontré Michel Yacger, créateur de l’Académie des Projets de vie, sise à Angers. Il proposait, en quelque sorte, une année sabbatique encadrée par des stages de développement personnel. Mon frère était intervenu dans cette Académie pour la mise en place d’ateliers de création et c’est un ami personnel de Michel Yacger. Seulement, pour intégrer l’Académie des Projets de Vie, instance privée, il fallait payer son cursus. Avec ce que j’avais gagné sur les marchés je me suis payé une année de formation. Ma ligne de mire : identifier un lieu de vie, repenser la relation familiale et trouver un travail qui me ressemble… Le grand intérêt de l’Académie, c’est qu’on en sort avec un projet précis. »

Ce que stage veut dire…
« Nous étions un groupe de 12 personnes. Nous menions des activités soit en groupe soit en individuel. J’ai participé à des stages de théâtre, de mises au point d’événements, de création d’émissions radio… En individuel, on choisissait quels stages on avait envie de faire. Ainsi, je me suis dirigé vers une ferme pédagogique qui faisait refuge pour la faune sauvage ; d’autres sont allés vers la rédaction d’un journal ou dans des studios dédiés aux films d’animation. De fait, j’allais vers les animaux et je me suis rendu compte que je ne pourrai pas tolérer la souffrance animale, c’est trop dur émotionnellement pour moi… »

© Collection particulière

3ème stage
« Après le bricolage, je voulais développer des qualités d’ébénisterie, aussi, entre les stages, je suis parti à la rencontre de différents professionnels, ce qui était préconisé par l’Académie pour découvrir les domaines vers quoi on s’orientait. J’avais autant envie de travailler le métal que le bois. J’ai fait un détour par la ferronnerie d’art, auprès de Jean-Louis Lapouille (Jihel). Un menuisier qui partait en retraite, m’a donné du bois, ça m’a conforté dans mon désir de développer mon savoir-faire. C’est à ce moment que j’ai décidé de fabriquer mes propres meubles. Je me suis lancé dans la création d’un bureau tout en bois recyclé. Ce fut le « chef d’œuvre » du 3ème et dernier stage. »

 

2ème stage
« Pour le 2ème stage, j’ai proposé et cela a été accepté, qu’il se déroule chez ma mère où il y avait un atelier pour travailler le bois et le métal. Mon beau-père bricolait beaucoup. Ce stage incluait des objectifs à remplir dans le cadre de mon projet. Je voulais fabriquer de mes mains quelque chose et installer l’objet à la maison. Ainsi, j’ai réalisé 2 meubles avec des matériaux de récupération : une table basse avec un panneau de signalisation et un siège avec un gros bidon. »

© Collection particulière

La vie devant soi à 24 ans
« En sortant de l’Académie des Projets de Vie, je savais que je voulais devenir artisan et fabriquer des meubles. J’ai appris l’ébénisterie dans le Jura, auprès d’un ami, avec pour objectif de la mettre en pratique en tant que métier d’art. Cet ami m’a communiqué des astuces, prodigué des conseils, et partagé généreusement ses connaissances théoriques. Auprès d’un mien cousin, métallier-soudeur, j’ai fait l’apprentissage de ce métier spécifique, indispensable savoir-faire pour qui veut travailler le métal. Je sors donc de l’Académie, j’ai 24 ans, pas un sou, et je sais que je veux œuvrer sur le bois et le métal, et travailler au recyclage, en choisissant le statut d’artisan. Cette année a été fondatrice, dans le sens où je suis venu à bout d’un projet global pour mon avenir. Cette année m’a ouvert la porte d’entrée sur la vie que je voulais mener, en identifiant mes liens primordiaux : espace, contact avec la nature, faune sauvage, envie de partager les merveilles de la nature, fabriquer avec mes mains… »

Dans le grand bain
« Sans le premier sou, j’ai travaillé dans une entreprise pour me donner les moyens d’investir dans le matériel indispensable à mon projet de travail. C’était une entreprise qui intervenait dans l’aménagement paysager et le génie écologique (entretien des milieux naturels en respectant au maximum les dits milieux). Je ressentais fortement l’appel de l’atelier. À ce moment-là, j’ai eu la grande chance de rencontrer ma Chérie. Nous nous sommes installés dans une petite maison à Blois-Vienne où j’ai aménagé le garage en atelier. J’ai enfin créé mon entreprise en 2018.»

4 ans après : le point !
« Mon activité a pris forme, au départ, par le bouche-à-oreille, puis les réseaux sociaux s’en sont mêlés… D’année en année, j’ai du travail régulièrement. Je vis connecté à ma créativité. J’ai renoué avec l’enfant de Bas-Rivière, passionné de nature, proche des animaux, qui fabriquait ses jouets et construisait des cabanes… Je suis heureux d’avoir identifié à 24 ans, ce dont j’avais besoin dans ma vie, pour me sentir en accord avec moi-même et exploiter ma créativité ! »

© Collection particulière

© Collection particulière

Et millière raboton, homme de loire…
« Paul Vézillier est un copain depuis le Lycée. Ainsi, c’est lui qui m’a mis en contact avec un sien ami ébéniste, qu’il avait rencontré à l’École de Vendôme (la personne dont j’ai parlé plus haut et qui vivait, à l’époque, dans le Jura). Comme je démarrais mon activité indépendante, je cherchais un boulot complémentaire, Paul m’a parlé de millière raboton, homme de loire, où il était guide-pilote saisonnier. En 2016, j’ai passé une semaine d’approche de l’association et de l’activité qui n’a pas été concluante. J’ai redécouvert et l’association et l’activité en 2021, l’année faste de la Fête des 20 ans d’existence de millière raboton, homme de loire. Cette fois-ci, la rencontre a eu lieu et je suis revenu cette année.
Un événement de cet été, m’a rappelé, quand enfant, je ramenais à vélo, avec mon cousin, les oiseaux blessés pour les soigner à la maison, c’est le sauvetage des sternes à l’initiative collective de l’équipage millière raboton, homme de loire. Je me suis retrouvé tellement en harmonie avec la démarche d’une vraie équipe, de la prise de décision, aux appels passés à la LPO, à l’intervention elle-même… De plain pied avec mon engouement pour la faune sauvage ! »

 

 

 

À bientôt sur l’eau avec Maxime Chailleux à la barre !

© Collection particulière

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